vendredi 30 novembre 2012

Lorsqu'on oublie les justes.





Lorsqu’on oublie les justes.


Cette communication m’a été fournie par une amie de travail, qui demande à ce qu’on la fasse circuler partout. Elle témoigne d’une injustice historique flagrante. Je n’en dirai pas plus, même si cette info se réfère à des événements d’il y a quelques années. Que cette amie soit chaleureusement remerciée pour cette réparation mémorielle.





Il y a des gens méritants et courageux sur cette planète !!!





Regardez  cette femme! Ne l'oubliez jamais. 
Les prix ne vont pas toujours à ceux qui les méritent !   

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Irena Sendler en 2005.

 
                                                                                    
Irena  Sendler.  Récemment  décédée à 98 ans. Elle demanda  pendant la 2ème guerre mondiale à aller  travailler dans le Ghetto de Varsovie, comme  plombier, serrurier.    
Elle avait  une motivation bien  particulière.   
Elle  connaissait les plans d'extermination des nazis  envers les juifs, elle était  allemande.                   
Irena a caché des enfants dans le fond de sa boite à  outils qu'elle transportait à l'arrière de son  véhicule ainsi qu'un grand sac (pour les enfants plus grands) 
Elle avait aussi un chien à l'arrière qu'elle a entrainé à aboyer quand les soldats allemands la contrôlait  à l'entrée et à la sortie du  ghetto.  
Les soldats  ne pouvaient rien contre le chien qui couvrit en  fait le bruit que pouvait faire les  enfants.
Elle sauva  2500 enfants en les cachant ainsi.                   
Elle fut  arrêtée et les nazis lui brisèrent les jambes,  les bras et la torturèrent très sévèrement. Irena garda tous les noms des  enfants qu'elle avait fait partir du Ghetto et garda ces noms dans une jarre en verre enterrée derrière un arbre au fond de son jardin derrière  sa maison.  
Après la guerre, elle essaya de  localiser tous les parents qui avaient pu survivre et tenta de réunir les familles; mais  la plupart avaient été gazés.    
Les enfants qui  avaient été sauvés ont été placés dans des  familles d'accueil ou ont été  adoptés.  
L'année  dernière elle a été proposée pour le prix Nobel  de la Paix, mais n'a pas été  retenue;
c'est Al Gore  qui fut primé pour son film sur le  réchauffement de la planète.   
 En sa mémoire 63 ans plus tard, Je participe à cet anniversaire, très modestement en faisant suivre ce  message.   J'espère que vous ferez de  même..                    
Nous espérons  que cet EMAIL sera lu par plus de 40 millions de  personnes dans le monde entier!  
Rejoignez-nous  pour le transmettre autour du monde en le  faisant suivre à tous ceux que vous  connaissez

Ne le  détruisez pas! cela vous prendra une minute pour  le faire suivre  ! 







dimanche 25 novembre 2012

Les parias de la rentrée (et de l'année) littéraire 2012.

Ô ! combien de marins, combien de capitaines
Qui sont partis joyeux pour des courses lointaines,
Dans ce morne horizon se sont évanouis !
(Victor Hugo :  Oceano nox)

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J'écris dans l'excès ; je travaille pour l'excès ; je suis l'excès incarné.
(Le Romancier inconnu in : "Dithyrambe à Lui-même".)

Se taire obstinément sur des livres qui paraissent, c'est les censurer en faisant accroire qu'ils sont ratés et bons à brûler par le bourreau.
 (Le Nouveau Cyber Saint-Simon)

Nouveau scandale, nouveau billet... Une simple liste aujourd'hui, une petite liste mais ô combien considérable si l'on y jauge, y évalue, la somme de mensonges par omission, de mépris anti-littéraire qu'elle reflète, tant elle est à l'image de ces improvisés anti-littérateurs et critiques qui ignorent bien des romans français ou étrangers parus cette année 2012, dont l'écho médiatique est devenu aussi fantomatique, volatil, qu'un spectre de tables tournantes du Grand Poète Hugo ! Hors internet, aucun article sur eux, hélas !
Mesdames, messieurs les critiques littéraires de Télérama, du Monde des livres, de Lire et du Magazine littéraire, ne lisez pas ce qui va suivre : vous rougiriez de honte de toutes ces négligences coupables et battriez votre coulpe illico presto en vous lamentant et en pensant : "Palsambleu ! Comment ai-je pu ignorer autant de bouquins remarquables ? Suis-je un(e) imbécile aveuglé(e) par les effets de mode ? Sire Prince des lettres, rédimez mes péchés !"

Blogueuses, blogueurs, membres de la Toile Universelle, faites connaître ces livres méprisés autour de vous ! Ces ouvrages de fiction non normés, inactuels pour de nombreux flagorneurs de l'a-littérature qui ont fait en sorte qu'ils n'existent nulle part !

- Valerio Evangelisti : le Château d'Eymerich : dix ans d'attente, un événement éditorial absolu boycotté par tous les officiels parce que ce bouquin ne correspond pas à leur vision imposée et cuistre, voire friponne, de la littérature !


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- Steve Stern : Le Rabbin congelé (Hibernatus a fait des petits délirants !).
        
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- Tom Mccarthy : C : une des oeuvres les plus intrigantes et stimulantes de la rentrée, une des plus délaissées aussi hors blogosphère, bien qu'on puisse l'assimiler aux démarches jadis entreprises dans le Nouveau Roman en vue de dépoussiérer la littérature.

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- Didier Blonde : L'Inconnue de la Seine. On sait depuis plusieurs années que la critique littéraire officielle peut aller jusqu'à laisser de côté des romans Gallimard ! Didier Blonde, fasciné par Fantômas, le cinéma muet et le surréalisme, ne mérite pas cela !

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- Joseph Cheneraille : Le Grand Ciel : on constate que les romans historiques, même les plus originaux dans le propos et l'écriture, sont bannis et ostracisés de plus en plus par les partisans du Présentisme pensée unique inique : je vous recommande ce petit ouvrage (petit par sa longueur, non point par ses recherches scripturales) que seuls les blogs n'ont pas ignoré :
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- Michiel Heyns : la dactylographe de Mr James : encore un opus coruscant et génialissime, encore un bouquin mis sous le boisseau par nos officiels dignes des préfets de Napoléon le petit. Voudraient-ils se noyer tous dans la fange prédite par Victor Hugo qu'ils ne s'y prendraient pas autrement. Le roman dont il est ici question développe un épisode à peine effleuré de la vie d'Henry James dans le célèbre (et superbe) l'Auteur, l'Auteur de David Lodge que j'ai grandement aimé.
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- Tom Bullough : Mécaniques du ciel : d'une poésie magnifique rejetant dans un in-pace au stade final de la putrescence et de la fétidité toutes les platitudes d'écriture actuelles, cette remarquable et magique bio romancée de Konstantin Tsiolkovski, qui défend la part du rêve étoilée inhérente au genre humain et en chacun de nous, bien que Le Monde l'eût annoncée parmi les nouveautés littéraires majeures de la rentrée 2012 dans la catégorie des romans étrangers, ne rencontre nul écho et s'avère inexplicablement boudée par nos frileux stipendiés habituels.
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Comme dans Docteur Jivago, où  il y avait les officiers en qui le soldat russe ne faisait pas confiance et ceux en qui il faisait confiance, il y a de nos jours ce qui incarne la Littérature et ce qui n'en est pas...
-Antoine Billot : Le Phénomène : encore un roman de chez Gallimard qui laisse coites les plumes de nos critiques, du moins pour l'instant. Laissons-leur la grâce d'un petit délai de réflexion, avant que ce bouquin aille au pilon.
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Monsieur Bovary, en son temps, avait eu droit à d'élogieux articles. Pourquoi n'est-ce-t-il pas encore le cas de ce nouvel opus de Monsieur Antoine Billot ?
- Gary Dexter : Le Souilleur de femmes d'Oxford : l'originalité victorienne avec son humour décapant et ses non-dits, ses simulacres de bien-pensance hypocrite dissimulant les pires iniquités et abjections, est de retour pour notre plus grand plaisir d'amateurs de polars originaux et rétromaniaques. Gary Dexter met en scène un détective sexologique qui s'inspire des premiers sexologues allemands. C'est digne du Trottin. Bravo !

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- Cerise sur le gâteau, plaisir de bouche et de toucher ultime des feuilles de codex qu'on se plaît à feuilleter et à humer lorsque leur efflorescence de papier neuf vous enivre, je vous convie à apprécier pour finir deux romans consacrés à des peintres :
Alice Dekker : Chardin, la petite table de laque rouge et Margriet de Moor : Le Peintre et la jeune Fille. Il est significatif que ce soient des écrivaines qui se soient penchées sur de si nobles sujets littéraires. Elles s'en tirent avec superbe et magnificence, qu'écris-je ! avec chatoiement et rutilance ! La chair ne sera jamais triste, ô, Monsieur Mallarmé, parce que je n'aurai jamais lu assez de livres... aussi beaux et bien écrits que ceux-là.


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Mesdames, messieurs les traîtres à la littérature qui contribuez à l'encrassement décadent terminal de la culture, vous êtes largués, vous n'êtes que des vilains ! Internet vous a vaincus ! Fermez le ban !

Post-scriptum : je ne vous ai parlé dans cette chronique acide, acerbe et engagée, que des auteurs vivants : Le Dilettante vient d'éditer enfin en français un opus assez fantastique d'un cinéaste et romancier italien majeur du vingtième siècle, dont bien sûr, se désintéressent nos journaleux officiels : L'Emeraude de Mario Soldati. Amis fréquentant ce blog indispensable, lisez tous ces livres et jugez-les sereinement, sans parti pris et sans a-priori trempés dans le venin et l'ichor amer du contemporanéisme à tout prix.

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vendredi 16 novembre 2012

Emile Zola et l'Assommoir : retour sur un incontournable chef-d'oeuvre.



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Philippe : Tu es un soldat de la mort ! 
Klaus Braun : Ja, natürlich ! Tu vas mourir, mais d'abord, tu vas souffrir !
(Jocelyne et Christian Jannone : Monsieur Cyprien, acte V scène 1 1981 (inédit, il vaut mieux ! ))

Lorsque j'avais quinze ans, en cours de français, je dus me coltiner un extrait de L'Assommoir, celui où Nana fugue, alors que ses parents, Coupeau et Gervaise, cuvent leur alcool. Le style superbe de l'ouvrage m'avait échappé, et je n'avais retenu qu'un détail trivial : il n'y avait rien de bon à manger, à part un reste de ragoût, au point que ce petit fait de rien du tout m'inspira plus de trente ans après un des clins d'oeil du Trottin (la fugue sous l'orage de l'héroïne Odile Boiron, qui n'a dans l'estomac qu'un reste infect de ragoût...cliché naturaliste de la gamine en haillons meurt-de-faim fuyant ses pénates ou plutôt son bouge, dans la scène d'ouverture de ce roman insigne...Odile est d'ailleurs battue comme Lalie dans L'Assommoir et je laisse entendre à plusieurs reprises qu'elle souffre de maigreur).

De fait, si les subtilités du livre m'échappèrent par manque de maturité, j'avais en fait été tenté de l'aborder : un volume de poche traînait dans notre placard bibliothèque, parmi d'autres oeuvres "zolesque", Proust, Gide et l'Anthologie de la poésie française . La censure de ma soeur intervint pour m'empêcher de déguster cet opus. Je le rejetais longtemps, après les déceptions de l'extrait (fragment inapproprié, dirais-je) quoique j'appréciasse Thérèse Raquin à seize ans, me surprenant à pondre un exposé sur Zola et le naturalisme et me jurant d'écrire comme lui. Le petit aperçu en ouverture (une pièce de théâtre d'épouvante qui prétendait réhabiliter la narration descriptive en multipliant les monstres) montre ô combien à cette époque, je n'étais pas près d'atteindre le but que je m'étais imposé.

Désormais, j'y arrive, et j'adore Emile Zola et sa virtuosité. J'ai un peu adopté son phrasé, son rythme. Joris-Karl Huysmans se trompait en appelant de ses voeux l'écriture d'un roman de la pourriture : il songeait à celle des nantis et des oisifs : ce roman de la pourriture existait déjà depuis 1877, et c'était celui de la misère ouvrière, non pas misérabiliste, mais en fait baroque !

Oui, Zola est baroque ! L'Assommoir fait sans cesse preuve d'un baroquisme picaresque, un baroquisme de la sordidité. C'est une étude clinique, digne du docteur Blanche, de la folie alcoolique, l'étude aussi d'une descente aux enfers annonciatrice de cette mort industrielle nazie qui s'exerça via le ghetto de Varsovie. Car, dans la déchéance de Gervaise ou la misère physiologique de Lalie, je ne vois guère de différence avec les squelettes vivants du ghetto...
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Emile Zola use avec brio d'une narration géniale et novatrice, révolutionnaire et virtuose, d'un argot banni auparavant, si ce n'était chez Eugène Sue, langue du peuple, de la misère du siècle qu'il se réapproprie, misère sciemment entretenue par le divertissement pascalien de l'alcoolisme, la multiplication des marchands de vin, ce qui prévient toute velléité de rébellion contre l'Ordre social et politique, cet ordre de Badinguet, sur fond de défiguration hausmanienne balafrant le Paris populaire, défiguration préventive réduisant à néant les espoirs des héritiers des émotions d'Ancien Régime et des journées révolutionnaires, en leur imposant l'exil, la réclusion ou l'exclusion par l'avilissement alcoolique. Le peuple commence à être évacué de Paris.

Le roman de Zola est précurseur, proto-célinien par son verbe coloré, audacieux, volontiers grossier et salace, mais c'est un pré-Céline de gauche qui s'exprime par le biais de l'argot de Belleville et de la Goutte d'Or, un auteur qui se voulait scientifique avant tout, bien que le succès l'eût embourgeoisé. Mais Zola conserva sa faculté d'indignation, de dénonciation, contre les injustices de son temps, cette faculté qui s'exprima avec les sommets que l'on sait dans Germinal et dans J'accuse.
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Zola perfectionna son écriture, son style, n'hésitant pas à audacieusement basculer dans le territoire interdit d'un langage autre, prolétarien, visant à l'authenticité, dans une langue verte imagée, extraordinaire de richesse lexicale, d'inventivité, de variété, langue de ceux qui autrefois ne laissaient guère de témoignage écrit. On ignore ainsi l'argot du peuple du Siècle des Lumières, sachant que le français ne fut longtemps qu'une langue du royaume parmi d'autres.
Le romancier immense prit fait et cause pour la langue des exclus. Cette langue dont feraient mieux de s'inspirer nos prétendus auteurs contemporains, à l'heure où l'on "désargotise" les traductions des romans noirs, en enlevant tout le sel d'époque, comme si c'était une insulte de manier une langue datée, d'un temps, d'un monde... Nos auteurs qui ont opté pour un langage hectique, aseptisé, appauvri, momifié dans les conventions de la médiocrité qui se croit belle et poétique alors qu'elle n'est que banale, quelconque, langue de la fadeur désincarnée sous prétexte de simplicité, qui devient sécheresse. La preuve : mon correcteur orthographique (en basic french ?) ne cesse de souligner le mot Assommoir, comme s'il eût été entaché d'une faute...

Je le clame haut et fort : vive Emile Zola !

Près de 140 années après sa publication initiale (1876-1877), L'Assommoir demeure un sommet de la littérature mondiale, qui prend toujours aux tripes. C'est le roman de l'ordure sublimée, sciemment excessif dans sa représentation d'une réalité sociale sordide, d'un monde d'égoïsme, de jalousies et de rivalités individuelles, de division pour régner des libéraux d'époque, réalité que bien des repus se refusaient à voir.
Zola étudia la société du temps de Napoléon III dans toutes ses composantes, en clinicien et sociologue de fiction, héritier d'un Balzac, d'un Hugo et d'un Dumas dont il fit éclater les cadres, dépassant les modèles antérieurs.
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Relisez Zola d'urgence au lieu de l'accuser d'illisibilité !

samedi 3 novembre 2012

La dernière exposition consacrée à Raphaël oubliée, méprisée et descendue en flammes.

Quand le bobo est en week-end, la véritable culture peut enfin s'exprimer (un télespectateur éclairé analysant la grille des a-programmes d'Arte). 

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Il était plus que temps que la Bonne Presse osât consacrer quelque article à une exposition du musée du Louvre qui, c'est le moins que l'on puisse dire, ne passionne guère les tenants du tout immédiat. Oyez bonnes gens qui possédez encore une légère couche de vernis culturel : Raphaël, le grandissime peintre de la Renaissance italienne, est désormais réduit au rôle de simple superviseur d'atelier de peinture industrielle...comme avant lui Le Pérugin...au détriment de la beauté de ses oeuvres, ignorée délibérément. 
Raphaël, un simple Willy Vandersteen, Michel Motti ou Walt Disney du début du XVIe siècle ? Allons donc !
On le devine, cette dispute byzantine ne revêt aucun intérêt et oublie l'essentiel, comme il était reconnu de fort peu d'importance, jusqu'à une date récente, que Giovan Battista Carpi (qui dessina aussi Tartine !), Giuseppe Perego ou Romano Scarpa signassent Walt Disney des oeuvres bédéphiliques que d'aucuns considéraient, à tort, dues à des tâcherons de studio de milliardième ordre.
On en a oublié dans tout ça, dans toute cette stérilité vaine de mauvais aloi, la délectation, le ravissement esthétique pur, l'ébahissement devant le Beau que ces tableaux "raphaélites" doivent éminemment susciter, préférant privilégier les basses considérations critiques (je dirais totalement contrariées par le criticism anglo-saxon ravageur car brandissant comme valeur unique d'anathème le relativisme culturel dont les nazis firent l'atroce usage que l'on sait). Ainsi, la nave va, et la culture occidentale, bien décriée, se fait peu à peu seppuku en ses fondamentaux mêmes au seul profit des nouveaux Sâr Péladan charlatanesques du futur enturbannés de noir, qui ont déjà inscrit à leur tableau de chasse les bouddhas de Bamian et les remarquables mausolées du Mali.
Ils se livrent ainsi, tous ces critiques infatués, à un travail de sape épouvantable bénéficiant à terme aux pures rémanences de l'indicible et de l'innommable obscurantiste et fanatique.
Le portrait ci-dessous est magnifique à pleurer : à lui seul, il justifie qu'on ne néglige pas l'exposition du Louvre ! Des cuistres osent le réduire à une simple recette picturale commerciale copiant les procédés éprouvés de La Joconde (même des écrivains de génie comme Zola ou Dumas usaient sans cesse de procédés d'écriture, de phrasé, de rythme - et je ne parle pas des auteurs actuels qui presque tous se ressemblent sans guère se singulariser tant la littérature s'est standardisée peu à peu ces dernières décennies, surtout après la mort de l'incontournable Albert Camus sans omettre les disparitions de Raymond Queneau, Georges Perec, Pierre-Jean Jouve etc...). Or je préfère cette Donna Velata au tableau de Da Vinci. Désolé pour les experts ayant science infuse, mais moi, je suis un amateur préférant l'émotion immédiate que les tableaux suscitent, et La Joconde m'a toujours laissé de marbre, bien que je l'aie vue pour la première fois lorsque j'avais douze ans.  Si vous aimez encore les arts anciens (de Néandertal à Jackson Pollock), je ne saurais trop vivement vous conseiller de vous rendre sur le site de La Tribune de l'Art ou sur celui des éditions Faton, qui traitent de toutes ces choses désormais négligées. 99 % du temps d'antenne télévisuel est occupé par l'art...contemporain.

Raphaël Sanzio : La Velata (vers 1516). Palazzo Pitti Florence

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