mardi 7 février 2012

Le bicentenaire de la naissance de Charles Dickens passé sous silence en France par nos médias.


En cette année 2012, il appert que, parmi les commémorations, Charles Dickens s'apprête à rejoindre le purgatoire des personnalités célèbres passées sous silence sciemment, comme si elles dérangeaient notre bien-pensance friedmano-hayekienne. Souvenez-vous de la pantalonnade Corneille en 2006, réduit à un dessin animé avec des insectes anthropomorphisés virtuels sur Arte (bien fait au demeurant) sur des vers du Cid. Alfred Jarry en 2007 et Mark Twain en 2010, furent d'autres victimes illustres de ce mépris putride, comme s'ils eussent, messeigneurs, mérité d'être voués aux gémonies et à la damnatio memoriae des pires écrivains collabos... Au fait, si beaucoup de romans de Dickens deviennent à peu près impossibles à trouver en librairie (Nicholas Nickleby , La petite Dorritt etc.) tandis que Wilkie Collins a désormais tous les honneurs de récentes publications, Céline et Drieu, eux, sont toujours réimprimés. On a accusé, pour justifier l'omission,  Corneille  d'esclavagisme, et  Mark Twain d'avoir tenu des propos racistes dans ses romans... Mais Jules Verne, messieurs-dames, si encensé jusqu'à l'écoeurement en 2005, Jules Verne l'antisémite, l'antidreyfusard, le nationaliste membre de la ligue de la Patrie Française de Jules Lemaître... Il y a deux poids, deux mesures. Dickens dérange donc de fait, parce qu'il dépeint une misère sociale, encensée par les économistes classiques, niveau de vie vers lequel on nous fait régresser à grands pas. Vive le cyber néo XIXe siècle !

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On a accusé Dickens d'être mélo, rébarbatif, larmoyant, que-sais-je encore ! Il y a de nos jours bien pire daube littéraire que la sienne. Dans les années 60, en France, on connaissait et appréciait encore Dickens : les adaptations télévisées du Théâtre de la jeunesse en témoignent. Messieurs-dames, réparez votre oubli !