dimanche 16 décembre 2012

Livide, un film de genre méprisé, ignoré et vilipendé par la critique.

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A Delphine Desyeux, une des dernières petites filles à l'ancienne, qui maintenant a l'âge de Richard Millet...

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Le silence est un parti pris. (aphorisme de moa)

Jean Rostand, Henri Gouhier, Pierre Auger, Jean Piveteau... les grands hommes, c'était eux. (réflexions d'un cyber pamphlétaire)
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C'est pas bon de souhaiter la mort de quelqu'un, même si on déteste ce quelqu'un... Admettons que ce même quelqu'un ne soit qu'un des pneus de la bagnole du voisin qui vous emmerde. Hé bien, dans ce cas, plus de scrupules à avoir : qu'il crève ! (le cyber Louis-Ferdinand Céline)

Les rats s'empressent de quitter le navire lorsqu'il coule... surtout ceux au coeur entouré de graisse... problème de flottabilité ? (nouvelles réflexions d'un cyber pamphlétaire)

Si notre Obélix national était mort en 1991, j'aurais pleuré. Désormais, j'applaudirai et sablerai le champagne à l'annonce de son trépas. (ultimes réflexions d'un cyber pamphlétaire)

L'ordinateur-cerveau a le pouvoir d'emmagasiner des informations beaucoup plus que tout autre cerveau animal. La croissance retardée ne l'amène à l'âge adulte qu'entre 15 et 20 ans, ce qui lui permet d'amasser une énorme quantité de connaissances jusqu'à cet âge et bien au-delà. Ce phénomène étrange a fait de l'Homme un maître du monde, doué de conscience et capable d'agir sur son destin. Il est corrélatif de la constatation regrettable qu'il dut faire lors des premières phases glaciaires (et peut-être réitérer lorsqu'il quitta l'Eden) et s'aperçut qu'il était nu. Cette nudité vient également d'un retard de croissance jamais rattrapé, l'absence de fourrure étant celle de tout foetus de Singe à sa naissance. 
(Henri et Geneviève Termier : Les Animaux préhistoriques,  PUF, collection Que sais-je 1977)

Livide, sorti dans l'indifférence absolue en décembre 2011, fut une des innombrables victimes cinématographiques de la déferlante Intouchables qui inscrivit à son tableau de chasse désastreux des dizaines d'oeuvres parfois médiocres, fréquemment estimables, dont le nombre d'entrées fut alors négligeable et immérité.
 Livide représente un de ces longs métrages passés inaperçus. Appartenant à un cinéma de genre méprisé par notre bien-pensance cartésienne, on se gaussa de lui, soulignant (lorsqu'article critique il y avait !) ses défauts plutôt que ses qualités. Ses 17 copies le condamnaient d'avance.
A cause d'Intouchables, et parce que je suis un cinéphile honnête, éthique, qui ne pirate pas, je n'ai pu goûter à cette friandise du cinéma fantastique à la française, qu'en DVD tout récemment, alors qu'il eût mieux valu que je le visse en salle, comme toute oeuvre cinéphilique (même mineure) qui se respecte. A ce jour, Lettre d'une inconnue, le cultissime film de Max Ophuls avec l'ambiguë (sexuellement parlant du fait que sa silhouette de sylphide lui permettait de jouer à la perfection les nymphettes de 13-14 ans) et magnifique Joan Fontaine, est le seul long métrage dont je puis me vanter l'avoir vu sur tous les supports possibles : salle de projection classique, VHS, DVD, You Tube...   
 
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Livide donc, pur produit, certes, d'un cinéma commercial de genre (distribué, je l'ai dit d'ailleurs, en une poignée dérisoire de copies le destinant à quitter l'affiche avec promptitude), mais qui recèle perles et trésors cachés à qui sait le regarder avec attention, à qui comme moi possède les références artistiques indispensables.

Malgré des concessions convenues aux films fantastiques ou d'horreur à l'américaine (Julien Maury et Alexandre Bustillo, les réalisateurs, avouent leurs sources d'inspiration et leur dette envers ces films et cinéastes-là, David Cronenberg notamment, mais aussi envers Dario Argento), Livide atteint, en certaines de ses séquences, des niveaux indéniables de beauté plastique et de poésie, de surréalisme et d'onirisme esthétique. 

Oui, j'ai aimé Livide, même si des éléments de l'oeuvre ne m'ont pas convaincu (la bande de jeunes voulant organiser un cambriolage dans la mystérieuse maison de la vieille comateuse, la ressemblance trop accusée entre la jeune comédienne Chloé Couilloud et Béatrice Dalle, qui joue les apparitions fantomatiques furtives et vaporeuses, presque subliminales, de sa mère morte, l'ambiance nocturne d'Halloween, le jeu un peu forcé de Félix Moati et Jérémy Kapone rappelant celui des partenaires de Christa Théret dans Le Village des Ombres etc.).

Parfois, il y a des incohérences et des invraisemblances ; on a du mal à relier certaines séquences (Catherine Jacob enlevant une adolescente à vélo, que l'on retrouve saignée à mort dans une baignoire plus tard, ce qui fait accroire que c'est elle le vampire qui agit pour son compte alors qu'elle est la complice, la commensale de Marie-Claude Pietragalla qui incarne Deborah Jessel, la prof de danse spectrale et plus ou moins zombie), mais à d'autres moments, on est transporté et on jubile.

A ces moments-là, justement, Livide rejoint le Georges Franju des Yeux sans visage et le Cocteau d'Orphée. 
Livide est donc français, profondément français dans son traitement de la matière fantastique, malgré les obligations commerciales imposées par la loi du gore sanglant. 
C'est la petite Anna, la fille de Deborah Jessel, interprétée par la jeune et étonnante Chloé Marcq, qui emporte mon adhésion. Les scènes de retour en arrière, sorte d'évocation un peu sadique des cours de danse, avec une connotation saphique ténue et feutrée, ce souvenir de petits rats à la Delphine Desyeux sur fond de musique de Chopin, frôlent le sublime, surtout lorsque la nature exacte d'Anna nous est progressivement dévoilée. 
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Nous l'avons déjà vue, automate momifié, empoussiéré, trésor caché de Deborah Jessel, esquisser quelques gestes mécaniques, à demi brisée par l'affolement stupide des partenaires deChloé Couilloud. Anna me rappelle la collection des poupées de cire artificiellement vieillies de Cléore de Cresseville dans Le Trottin et la poupée des Valois de Monsieur de Phocas de Jean Lorrain.
L'idée d'une sorte de Coppélia vampire, mi-humaine, mi-androïde, est originale, bien qu'elle eût mérité qu'on la développât encore davantage et avec plus de soins. Tout le film aurait dû être axé sur cela.
Par instants, l'atmosphère de Livide, avec sa demeure mystérieuse, baroque, hors d'âge, sa poupée danseuse Anna à la figure craquelée, écaillée et tavelée comme un tableau ancien, n'est pas sans rappeler le mythique Collectionneur de cerveaux de Michel Subiela (1976) avec André Reybaz (sublime interprète du Golem de Jean Kerchbron en 1967), la regrettée Claude Jade et François Dunoyer, adapté de la nouvelle Robots pensants, de George Langelaan. J'ai aussi songé à une aventure méconnue des héros de bédé Tif et Tondu, Magdalena, de Will et Desberg (1986), qui se déroule dans une Venise parallèle peuplée d'automates. Il y a aussi du Alice, avec ces animaux robots empaillés attablés et costumés pour le thé... mais on pense aussi aux masques d'oiseaux de Franju dans Judex.
L'action de Livide se déroule judicieusement en Bretagne, terre de légendes, terre de la Mort et de l'Ankou, bien que cet élément folklorique ne soit pas creusé, au profit d'Halloween.

Livide, quand ses auteurs le veulent, est donc capable d'atteindre des sommets de poésie troublante. Anna vole, ressent les brûlures du soleil, a faim d'écarlate, arbore une bouche pourprée, affiche les souillures de sa panoplie de danseuse, de nymphe goule, lamie ou empuse, lorsqu'elle a goûté à une juvénile proie tuyautée dans son tutu romantique à la Edgar Degas. Le vampire volant, c'est du surréalisme, mais aussi de l'Anne Rice,
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 qui nous apprend qu'ils savent voler. Lucie Clavel (le personnage qu'interprète Chloé Couilloud) libère Anna du joug, délivre l'automate, désopercule ses yeux cousus, clos.
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La séquence de l'envol final d'Anna, ressuscitée, perdant ses craquelures telle une mue épidermique revivifiante, comme une renaissance de tout son être, est une pure splendeur.

Ce film aurait plu à Daphné et Phoebé de Tourreil de Valpinçon, les jumelles vampiriques, personnages remarquables du sulfureux roman d'Aurore-Marie de Saint-Aubain : Le Trottin.


samedi 15 décembre 2012

L'héritage télévisuel détruit de Patrick de Carolis.

Le père Georges : - C'est un chimpanzé, seigneur Philippe ! Vous avez peur de cela ? 
(Monsieur Cyprien acte V scène 4, par Jocelyne et Christian Jannone : pochade qui mérite de rester inédite ! )

J'accuse ! J'accuse !  (Victor Francen dans le rôle de Jean Diaz dans la version de 1937 de J'accuse d'Abel Gance)

Cyber Léon Bloy a aujourd'hui la parole !  Elle va faire mal ! 

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Il était une fois une France Télévisions qui avait trouvé son président idoine, celui qui voulait lui redonner le lustre fictionnel historique perdu et délaissé, haï, vitupéré, redorer son blason, rappeler, tel Sir Williams dans le mythique Rocambole avec Jean Topart et Pierre Vernier les lambeaux de la splendeur passée de la télévision d'autrefois.

Il possédait la Culture, beaucoup de Culture, non point la chébrantude démodable de l'instant.  Alors qu'à compter de l'an du Seigneur 2006, Arte trahissait, renonçait à tout au profit du seul jeunisme branché revendiqué en VF en prime time, Monsieur Patrick de Carolis marqua sa volonté de raviver la flamme de la télé d'avant, d'avant Hayek, d'avant l'ultra-commercialisme aculturel issu des anti-réformes successives depuis 1974 et 1986, d'avant les chaînes nulles rongées par le chancre vénérien purulent et chanci de la publicité, cette télé des fictions historiques de prestige voulant cultiver tout en distrayant, parce qu'il se souvenait des Cent livres des hommes, des Bonnes adresses du passé, de La Caméra explore le temps, d'Alain Decaux raconte, du Théâtre de la jeunesse, en ce sans-pareil pacte entre gaullistes, royalistes et communistes qui, dans ces années soixante mythiques et mythifiées, avait permis la coexistence pacifique entre une vision élevée et anoblissante du public et les  nécessités plus matérielles de la gestion financière de l'entreprise publique.

Monsieur Patrick de Carolis, au grand dam des partisans de la stupidité considérée comme l'un des beaux arts, de l'abêtissement calculé de la population afin de la soumettre toute au système putrescent, osa incarner cette vision haute de sa mission télévisuelle en multipliant les productions et les tournages d'adaptations historiques et littéraires aussi bonnes qu'antan, additionnant les coruscants projets biographiques et autres, autour de Maupassant, Chateaubriand, Louis XI, Henri IV,  autour aussi, en pédagogue, des journées qui firent l'histoire de France.

Mais les esprits chagrins, amers et jaloux de tant de prestance, de tant de qualités, de tant de révélations d'actrices et d'acteurs jusque-là anonymes, fourbissaient leur armes réactives. Ce fut pourquoi ils multiplièrent les critiques négatives, insanes et ineptes à l'encontre du moindre téléfilm perruqué ou corseté, éructant leur haine de cela, en cuistres abjects, sciant eux-mêmes la branche sur laquelle ils étaient assis, ô chiens de gardes roquet ! Partisans du tout contemporain, du tout sociétal catégoriel et communautariste (mais non du social collectif dont ils se fichaient comme d'une guigne que l'ultra friedmano-hayekisme au pouvoir désormais partout en détricotât méthodiquement les acquis), ils flinguèrent systématiquement, hauts les coeurs, chaque fiction costumée qui s'offrait en proie inerme à leur avidité inculte, eux qui n'avaient jamais tenu la moindre caméra de leur vie, s'arrogeant le droit de descendre en flammes ce qu'ils auraient été incapables de tourner, de réaliser.
Il y avait en ces années une pie au sommet de l'Etat, une pie verte d'abord comme un pic-vert, grisâtre ensuite (parce qu'elle vieillissait, s'usait à cause de l'exercice harassant du Pouvoir), réputée pour ses battements d'ailes, ses jacassements, son jabotage, pour son brassage d'air à la moindre brise médiatique, pie fort agitée pour un oui et pour un nom. Cette pie détestait La Princesse de Clèves, qu'appréciait fort au contraire Monsieur de Carolis. Elle soutint donc Monsieur Patrick de Carolis comme la corde soutient le pendu, et, se trouvant confortée en ses idées par une presse complice objective qui, tel Télérama,  éructait son rejet des téléfilms et feuilletons historiques chaque semaine, surtout à compter de la fin de l'été de l'an de Notre Seigneur 2008, (parce que, pour les critiques, ces productions en costumes émanaient forcément de la pie vert-gris qu'ils rejetaient politiquement parlant), et  prenait le bâton pour se faire battre, elle se décida à ne pas lui renouveler sa confiance pour un second mandat de cinq années.
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Son successeur a dilapidé l'héritage, totalement, réduit les ambitions comme une peau de chagrin, avec un budget d'une étroitesse d'archère ou meurtrière d'échauguette. Tout a disparu au nom du jeunisme et des économies budgétaires. Nous sommes revenus aux errements d'avant l'an 2000 quand France Télévisions ne produisait plus qu'un téléfilm historique par an pour le diffuser à 23 h passées parce qu'il ne pouvait pas faire d'audience.  
Ruines, ruines, regrets, ô ruines ! Résurrection ! Nous réclamons la résurrection de ce qui n'est plus... sinon, ce sera la porte pour tous les empoisonneurs de la culture ! Réparez vos erreurs, réparez, réparez !

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dimanche 2 décembre 2012

Le scandale des téléfilms et feuilletons français invisibles ou perdus.

Ogo : Ver de terre Philippe ! Kunga ! Ma créature, car moi aussi j'ai mes singes personnels, va te détruire ! 
(Jocelyne et Christian Jannone : Monsieur Cyprien, acte V scène 4. Inédit et devant le demeurer !)

Histoire de la grandeur et de la décadence de César Birotteau avec Martin Trévières (1977), Le Mystérieux Docteur Cornélius avec Gérard Desarthe et Jean Bouise (1984), La Faute de Monsieur Bertillon avec Alain Mottet (1980), Le Prince des Imposteurs avec Michel Piccoli (1997), Condorcet avec Pierre Arditi (1989) dont le réalisateur, Michel Soutter, mourut peu après la diffusion,
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 Malesherbes, avocat du roi avec Henri Virlogeux (1982), Christmas carol avec Michel Bouquet (1984), Poker d'as avec Robert Party (1972) ... voici quelques titres de téléfilms et de feuilletons français, sélectionnés parmi des dizaines d'autres introuvables sur quelque support qu'ils soient, malgré les acteurs de renom y jouant... Même l'Ina n'en a pas les droits et ils demeurent intégralement occultés ! Ces titres, d'évidence, ne diront rien aux non briscards et aux non initiés de moins de quarante ans... Le cas du téléfilm avec Michel Piccoli est particulièrement gênant : diffusé en catimini, en plein été (juillet 1998) et à un mauvais créneau horaire, à une époque (comme de nouveau depuis 2011 : j'y reviendrai dans un prochain billet vengeur) où l'on bannissait presque totalement les fictions historiques au profit du seul sociétal contemporain (bien vite daté historiquement), cette oeuvre dix-neuviémiste du réalisateur Jean-Pierre Prévost nous contait une escroquerie célèbres dont le mathématicien Michel Chasles avait été une victime bien naïve et crédule. Stephen Jay Gould, je crois, en parla dans une de ses chroniques, ou alors, je confonds. C'était aussi le temps où, par économie (cela persista jusqu'au Mademoiselle Else de 2002 qui me révéla Julie Delarme), on tournait avec des acteurs d'Europe orientale mal doublés qui interprétaient tous les petits rôles, ce qui ôtait du travail aux comédiens français spécialisés dans ces figurations dites secondaires, sous prétexte que les lieux de tournage choisis dans ces ex pays de l'Est (suite à des accords de coproduction) paraissaient plus adéquats que ceux de la France pour les fictions d'époque.
L'Ina , j'en ai fait l'amère expérience, supprime sur sa boutique certaines de ses vidéos autrefois proposées : en septembre 2009, on pouvait encore acquérir Méliès, le magicien de Montreuil sous bois avec Jean-Marc Thibault... Deux mois après, ce n'était plus le cas. Il en fut de même pour la dramatique du théâtre de la jeunesse de Claude Santelli consacrée à La Case de l'oncle Tom.
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 Et je ne parle pas des émissions non fictionnelles et capitales culturellement parlant comme Les Bonnes adresses du passé ou Les cent livres,  toujours de Claude Santelli et au générique génial... dont seules quelques miettes éparses ont été jusqu'à présent restaurées. Sans omettre l'invisibilité organisée (question de droit ?) de presque toutes les oeuvres postérieures au 1er juillet 1981 sur Ina.fr et en général, des productions de Jean-Christophe Averty comme son Vincent Scotto ou son Château des Carpathes  de 1976 ! Scandale, ô scandale !  Tout cela engendre en moi un sentiment de frustration profonde, n'étant pas sûr de voir un jour des émissions que je manquais enfant soit parce qu'elles passaient tard, soit du fait que j'étais trop jeune pour les regarder. Or, Les cent livres ou Cent livres des hommes, s'adressaient aussi à la jeunesse.
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Il est donc plus que dommage de voir la difficulté inhérente à l'hexagone à  rendre plus accessible notre patrimoine télévisuel tandis que de nombreux films américains de l'âge d'or d'Hollywood, bien antérieurs à nos émissions de l'ORTF et des époques postérieures, s'avèrent plus trouvables ! Nous avons une multitude de chaînes de télévision dont aucune ne souhaite diffuser le moindre programme français ancien, surtout fictionnel. Autrefois, Festival remplissait cette fonction, mais, accusée d'être une chaîne pour vieux (!), comme Planète Future ou l'ancienne Arte d'avant la décadence bobo chébran socio-cul jeuno-présentiste rock-art contemporain (sauf le week-end où, les chats boboïstes n'étant pas là, les souris comme moi peuvent enfin danser tout leur soûl),  elle fut remplacée par la jeuniste France 4 qui a banni le patrimoine télé de ses programmes comme le font l'ensemble des autres chaînes du groupe France télévisions qui se refuse à toute exploitation ou diffusion d'émissions d'autrefois (il n'en fut pas toujours ainsi le cas). Sur France 4, seul le sublime Doctor Who est à sauver.  Ina.fr et Ina boutique sont donc les seuls vecteurs de diffusion et d'appropriation (payante ! ) d'un patrimoine télévisé français rendu invisible par une bande de capons et de belîtres qui se fiche du monde ! C'est comme si, ô absurdité, aucun film de cinéma antérieur à l'an 2000 n'était éditable en DVD ou blue ray ou, mieux, comme si on ne jouait aucune musique des grands compositeurs du passé sous prétexte de leur ancienneté ! Aucune note de Mozart, de Bach ou de Beethoven
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(de Ravel et Satie aussi !) ne serait plus entendue nulle part en France ! Inimaginable ! Impensable !  Pendant ce temps, les anciens supports se détériorent, il faut numériser, on n'a pas les sous pour ce faire, les questions de droits d'auteurs pèsent de leur poids considérable, et on finit par ne plus rien voir gratuitement quand ce n'est pas une disparition, une perte irréversible d'un téléfilm ou d'un magazine ancien qui est à déplorer. Je suis donc condamné à payer à Ina boutique l'accès à ce qui m'intéresse jusqu'à la fin de mes jours à cause des strates d'imbécillité contemporanéiste cumulées depuis vingt ans en matière de bannissement de la télévision ancienne par celle se prétendant du présent. Déplorons ! Déplorons tous ensemble !
Messieurs les cuistres et mauvais administrateurs, jamais je ne vous saluerai pour ce que vous me fîtes !  A mauvais entendeur, salut !

vendredi 30 novembre 2012

Lorsqu'on oublie les justes.





Lorsqu’on oublie les justes.


Cette communication m’a été fournie par une amie de travail, qui demande à ce qu’on la fasse circuler partout. Elle témoigne d’une injustice historique flagrante. Je n’en dirai pas plus, même si cette info se réfère à des événements d’il y a quelques années. Que cette amie soit chaleureusement remerciée pour cette réparation mémorielle.





Il y a des gens méritants et courageux sur cette planète !!!





Regardez  cette femme! Ne l'oubliez jamais. 
Les prix ne vont pas toujours à ceux qui les méritent !   

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Irena Sendler en 2005.

 
                                                                                    
Irena  Sendler.  Récemment  décédée à 98 ans. Elle demanda  pendant la 2ème guerre mondiale à aller  travailler dans le Ghetto de Varsovie, comme  plombier, serrurier.    
Elle avait  une motivation bien  particulière.   
Elle  connaissait les plans d'extermination des nazis  envers les juifs, elle était  allemande.                   
Irena a caché des enfants dans le fond de sa boite à  outils qu'elle transportait à l'arrière de son  véhicule ainsi qu'un grand sac (pour les enfants plus grands) 
Elle avait aussi un chien à l'arrière qu'elle a entrainé à aboyer quand les soldats allemands la contrôlait  à l'entrée et à la sortie du  ghetto.  
Les soldats  ne pouvaient rien contre le chien qui couvrit en  fait le bruit que pouvait faire les  enfants.
Elle sauva  2500 enfants en les cachant ainsi.                   
Elle fut  arrêtée et les nazis lui brisèrent les jambes,  les bras et la torturèrent très sévèrement. Irena garda tous les noms des  enfants qu'elle avait fait partir du Ghetto et garda ces noms dans une jarre en verre enterrée derrière un arbre au fond de son jardin derrière  sa maison.  
Après la guerre, elle essaya de  localiser tous les parents qui avaient pu survivre et tenta de réunir les familles; mais  la plupart avaient été gazés.    
Les enfants qui  avaient été sauvés ont été placés dans des  familles d'accueil ou ont été  adoptés.  
L'année  dernière elle a été proposée pour le prix Nobel  de la Paix, mais n'a pas été  retenue;
c'est Al Gore  qui fut primé pour son film sur le  réchauffement de la planète.   
 En sa mémoire 63 ans plus tard, Je participe à cet anniversaire, très modestement en faisant suivre ce  message.   J'espère que vous ferez de  même..                    
Nous espérons  que cet EMAIL sera lu par plus de 40 millions de  personnes dans le monde entier!  
Rejoignez-nous  pour le transmettre autour du monde en le  faisant suivre à tous ceux que vous  connaissez

Ne le  détruisez pas! cela vous prendra une minute pour  le faire suivre  ! 







dimanche 25 novembre 2012

Les parias de la rentrée (et de l'année) littéraire 2012.

Ô ! combien de marins, combien de capitaines
Qui sont partis joyeux pour des courses lointaines,
Dans ce morne horizon se sont évanouis !
(Victor Hugo :  Oceano nox)

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J'écris dans l'excès ; je travaille pour l'excès ; je suis l'excès incarné.
(Le Romancier inconnu in : "Dithyrambe à Lui-même".)

Se taire obstinément sur des livres qui paraissent, c'est les censurer en faisant accroire qu'ils sont ratés et bons à brûler par le bourreau.
 (Le Nouveau Cyber Saint-Simon)

Nouveau scandale, nouveau billet... Une simple liste aujourd'hui, une petite liste mais ô combien considérable si l'on y jauge, y évalue, la somme de mensonges par omission, de mépris anti-littéraire qu'elle reflète, tant elle est à l'image de ces improvisés anti-littérateurs et critiques qui ignorent bien des romans français ou étrangers parus cette année 2012, dont l'écho médiatique est devenu aussi fantomatique, volatil, qu'un spectre de tables tournantes du Grand Poète Hugo ! Hors internet, aucun article sur eux, hélas !
Mesdames, messieurs les critiques littéraires de Télérama, du Monde des livres, de Lire et du Magazine littéraire, ne lisez pas ce qui va suivre : vous rougiriez de honte de toutes ces négligences coupables et battriez votre coulpe illico presto en vous lamentant et en pensant : "Palsambleu ! Comment ai-je pu ignorer autant de bouquins remarquables ? Suis-je un(e) imbécile aveuglé(e) par les effets de mode ? Sire Prince des lettres, rédimez mes péchés !"

Blogueuses, blogueurs, membres de la Toile Universelle, faites connaître ces livres méprisés autour de vous ! Ces ouvrages de fiction non normés, inactuels pour de nombreux flagorneurs de l'a-littérature qui ont fait en sorte qu'ils n'existent nulle part !

- Valerio Evangelisti : le Château d'Eymerich : dix ans d'attente, un événement éditorial absolu boycotté par tous les officiels parce que ce bouquin ne correspond pas à leur vision imposée et cuistre, voire friponne, de la littérature !


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- Steve Stern : Le Rabbin congelé (Hibernatus a fait des petits délirants !).
        
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- Tom Mccarthy : C : une des oeuvres les plus intrigantes et stimulantes de la rentrée, une des plus délaissées aussi hors blogosphère, bien qu'on puisse l'assimiler aux démarches jadis entreprises dans le Nouveau Roman en vue de dépoussiérer la littérature.

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- Didier Blonde : L'Inconnue de la Seine. On sait depuis plusieurs années que la critique littéraire officielle peut aller jusqu'à laisser de côté des romans Gallimard ! Didier Blonde, fasciné par Fantômas, le cinéma muet et le surréalisme, ne mérite pas cela !

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- Joseph Cheneraille : Le Grand Ciel : on constate que les romans historiques, même les plus originaux dans le propos et l'écriture, sont bannis et ostracisés de plus en plus par les partisans du Présentisme pensée unique inique : je vous recommande ce petit ouvrage (petit par sa longueur, non point par ses recherches scripturales) que seuls les blogs n'ont pas ignoré :
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- Michiel Heyns : la dactylographe de Mr James : encore un opus coruscant et génialissime, encore un bouquin mis sous le boisseau par nos officiels dignes des préfets de Napoléon le petit. Voudraient-ils se noyer tous dans la fange prédite par Victor Hugo qu'ils ne s'y prendraient pas autrement. Le roman dont il est ici question développe un épisode à peine effleuré de la vie d'Henry James dans le célèbre (et superbe) l'Auteur, l'Auteur de David Lodge que j'ai grandement aimé.
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- Tom Bullough : Mécaniques du ciel : d'une poésie magnifique rejetant dans un in-pace au stade final de la putrescence et de la fétidité toutes les platitudes d'écriture actuelles, cette remarquable et magique bio romancée de Konstantin Tsiolkovski, qui défend la part du rêve étoilée inhérente au genre humain et en chacun de nous, bien que Le Monde l'eût annoncée parmi les nouveautés littéraires majeures de la rentrée 2012 dans la catégorie des romans étrangers, ne rencontre nul écho et s'avère inexplicablement boudée par nos frileux stipendiés habituels.
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Comme dans Docteur Jivago, où  il y avait les officiers en qui le soldat russe ne faisait pas confiance et ceux en qui il faisait confiance, il y a de nos jours ce qui incarne la Littérature et ce qui n'en est pas...
-Antoine Billot : Le Phénomène : encore un roman de chez Gallimard qui laisse coites les plumes de nos critiques, du moins pour l'instant. Laissons-leur la grâce d'un petit délai de réflexion, avant que ce bouquin aille au pilon.
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Monsieur Bovary, en son temps, avait eu droit à d'élogieux articles. Pourquoi n'est-ce-t-il pas encore le cas de ce nouvel opus de Monsieur Antoine Billot ?
- Gary Dexter : Le Souilleur de femmes d'Oxford : l'originalité victorienne avec son humour décapant et ses non-dits, ses simulacres de bien-pensance hypocrite dissimulant les pires iniquités et abjections, est de retour pour notre plus grand plaisir d'amateurs de polars originaux et rétromaniaques. Gary Dexter met en scène un détective sexologique qui s'inspire des premiers sexologues allemands. C'est digne du Trottin. Bravo !

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- Cerise sur le gâteau, plaisir de bouche et de toucher ultime des feuilles de codex qu'on se plaît à feuilleter et à humer lorsque leur efflorescence de papier neuf vous enivre, je vous convie à apprécier pour finir deux romans consacrés à des peintres :
Alice Dekker : Chardin, la petite table de laque rouge et Margriet de Moor : Le Peintre et la jeune Fille. Il est significatif que ce soient des écrivaines qui se soient penchées sur de si nobles sujets littéraires. Elles s'en tirent avec superbe et magnificence, qu'écris-je ! avec chatoiement et rutilance ! La chair ne sera jamais triste, ô, Monsieur Mallarmé, parce que je n'aurai jamais lu assez de livres... aussi beaux et bien écrits que ceux-là.


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Mesdames, messieurs les traîtres à la littérature qui contribuez à l'encrassement décadent terminal de la culture, vous êtes largués, vous n'êtes que des vilains ! Internet vous a vaincus ! Fermez le ban !

Post-scriptum : je ne vous ai parlé dans cette chronique acide, acerbe et engagée, que des auteurs vivants : Le Dilettante vient d'éditer enfin en français un opus assez fantastique d'un cinéaste et romancier italien majeur du vingtième siècle, dont bien sûr, se désintéressent nos journaleux officiels : L'Emeraude de Mario Soldati. Amis fréquentant ce blog indispensable, lisez tous ces livres et jugez-les sereinement, sans parti pris et sans a-priori trempés dans le venin et l'ichor amer du contemporanéisme à tout prix.

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vendredi 16 novembre 2012

Emile Zola et l'Assommoir : retour sur un incontournable chef-d'oeuvre.



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Philippe : Tu es un soldat de la mort ! 
Klaus Braun : Ja, natürlich ! Tu vas mourir, mais d'abord, tu vas souffrir !
(Jocelyne et Christian Jannone : Monsieur Cyprien, acte V scène 1 1981 (inédit, il vaut mieux ! ))

Lorsque j'avais quinze ans, en cours de français, je dus me coltiner un extrait de L'Assommoir, celui où Nana fugue, alors que ses parents, Coupeau et Gervaise, cuvent leur alcool. Le style superbe de l'ouvrage m'avait échappé, et je n'avais retenu qu'un détail trivial : il n'y avait rien de bon à manger, à part un reste de ragoût, au point que ce petit fait de rien du tout m'inspira plus de trente ans après un des clins d'oeil du Trottin (la fugue sous l'orage de l'héroïne Odile Boiron, qui n'a dans l'estomac qu'un reste infect de ragoût...cliché naturaliste de la gamine en haillons meurt-de-faim fuyant ses pénates ou plutôt son bouge, dans la scène d'ouverture de ce roman insigne...Odile est d'ailleurs battue comme Lalie dans L'Assommoir et je laisse entendre à plusieurs reprises qu'elle souffre de maigreur).

De fait, si les subtilités du livre m'échappèrent par manque de maturité, j'avais en fait été tenté de l'aborder : un volume de poche traînait dans notre placard bibliothèque, parmi d'autres oeuvres "zolesque", Proust, Gide et l'Anthologie de la poésie française . La censure de ma soeur intervint pour m'empêcher de déguster cet opus. Je le rejetais longtemps, après les déceptions de l'extrait (fragment inapproprié, dirais-je) quoique j'appréciasse Thérèse Raquin à seize ans, me surprenant à pondre un exposé sur Zola et le naturalisme et me jurant d'écrire comme lui. Le petit aperçu en ouverture (une pièce de théâtre d'épouvante qui prétendait réhabiliter la narration descriptive en multipliant les monstres) montre ô combien à cette époque, je n'étais pas près d'atteindre le but que je m'étais imposé.

Désormais, j'y arrive, et j'adore Emile Zola et sa virtuosité. J'ai un peu adopté son phrasé, son rythme. Joris-Karl Huysmans se trompait en appelant de ses voeux l'écriture d'un roman de la pourriture : il songeait à celle des nantis et des oisifs : ce roman de la pourriture existait déjà depuis 1877, et c'était celui de la misère ouvrière, non pas misérabiliste, mais en fait baroque !

Oui, Zola est baroque ! L'Assommoir fait sans cesse preuve d'un baroquisme picaresque, un baroquisme de la sordidité. C'est une étude clinique, digne du docteur Blanche, de la folie alcoolique, l'étude aussi d'une descente aux enfers annonciatrice de cette mort industrielle nazie qui s'exerça via le ghetto de Varsovie. Car, dans la déchéance de Gervaise ou la misère physiologique de Lalie, je ne vois guère de différence avec les squelettes vivants du ghetto...
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Emile Zola use avec brio d'une narration géniale et novatrice, révolutionnaire et virtuose, d'un argot banni auparavant, si ce n'était chez Eugène Sue, langue du peuple, de la misère du siècle qu'il se réapproprie, misère sciemment entretenue par le divertissement pascalien de l'alcoolisme, la multiplication des marchands de vin, ce qui prévient toute velléité de rébellion contre l'Ordre social et politique, cet ordre de Badinguet, sur fond de défiguration hausmanienne balafrant le Paris populaire, défiguration préventive réduisant à néant les espoirs des héritiers des émotions d'Ancien Régime et des journées révolutionnaires, en leur imposant l'exil, la réclusion ou l'exclusion par l'avilissement alcoolique. Le peuple commence à être évacué de Paris.

Le roman de Zola est précurseur, proto-célinien par son verbe coloré, audacieux, volontiers grossier et salace, mais c'est un pré-Céline de gauche qui s'exprime par le biais de l'argot de Belleville et de la Goutte d'Or, un auteur qui se voulait scientifique avant tout, bien que le succès l'eût embourgeoisé. Mais Zola conserva sa faculté d'indignation, de dénonciation, contre les injustices de son temps, cette faculté qui s'exprima avec les sommets que l'on sait dans Germinal et dans J'accuse.
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Zola perfectionna son écriture, son style, n'hésitant pas à audacieusement basculer dans le territoire interdit d'un langage autre, prolétarien, visant à l'authenticité, dans une langue verte imagée, extraordinaire de richesse lexicale, d'inventivité, de variété, langue de ceux qui autrefois ne laissaient guère de témoignage écrit. On ignore ainsi l'argot du peuple du Siècle des Lumières, sachant que le français ne fut longtemps qu'une langue du royaume parmi d'autres.
Le romancier immense prit fait et cause pour la langue des exclus. Cette langue dont feraient mieux de s'inspirer nos prétendus auteurs contemporains, à l'heure où l'on "désargotise" les traductions des romans noirs, en enlevant tout le sel d'époque, comme si c'était une insulte de manier une langue datée, d'un temps, d'un monde... Nos auteurs qui ont opté pour un langage hectique, aseptisé, appauvri, momifié dans les conventions de la médiocrité qui se croit belle et poétique alors qu'elle n'est que banale, quelconque, langue de la fadeur désincarnée sous prétexte de simplicité, qui devient sécheresse. La preuve : mon correcteur orthographique (en basic french ?) ne cesse de souligner le mot Assommoir, comme s'il eût été entaché d'une faute...

Je le clame haut et fort : vive Emile Zola !

Près de 140 années après sa publication initiale (1876-1877), L'Assommoir demeure un sommet de la littérature mondiale, qui prend toujours aux tripes. C'est le roman de l'ordure sublimée, sciemment excessif dans sa représentation d'une réalité sociale sordide, d'un monde d'égoïsme, de jalousies et de rivalités individuelles, de division pour régner des libéraux d'époque, réalité que bien des repus se refusaient à voir.
Zola étudia la société du temps de Napoléon III dans toutes ses composantes, en clinicien et sociologue de fiction, héritier d'un Balzac, d'un Hugo et d'un Dumas dont il fit éclater les cadres, dépassant les modèles antérieurs.
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Relisez Zola d'urgence au lieu de l'accuser d'illisibilité !

samedi 3 novembre 2012

La dernière exposition consacrée à Raphaël oubliée, méprisée et descendue en flammes.

Quand le bobo est en week-end, la véritable culture peut enfin s'exprimer (un télespectateur éclairé analysant la grille des a-programmes d'Arte). 

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Il était plus que temps que la Bonne Presse osât consacrer quelque article à une exposition du musée du Louvre qui, c'est le moins que l'on puisse dire, ne passionne guère les tenants du tout immédiat. Oyez bonnes gens qui possédez encore une légère couche de vernis culturel : Raphaël, le grandissime peintre de la Renaissance italienne, est désormais réduit au rôle de simple superviseur d'atelier de peinture industrielle...comme avant lui Le Pérugin...au détriment de la beauté de ses oeuvres, ignorée délibérément. 
Raphaël, un simple Willy Vandersteen, Michel Motti ou Walt Disney du début du XVIe siècle ? Allons donc !
On le devine, cette dispute byzantine ne revêt aucun intérêt et oublie l'essentiel, comme il était reconnu de fort peu d'importance, jusqu'à une date récente, que Giovan Battista Carpi (qui dessina aussi Tartine !), Giuseppe Perego ou Romano Scarpa signassent Walt Disney des oeuvres bédéphiliques que d'aucuns considéraient, à tort, dues à des tâcherons de studio de milliardième ordre.
On en a oublié dans tout ça, dans toute cette stérilité vaine de mauvais aloi, la délectation, le ravissement esthétique pur, l'ébahissement devant le Beau que ces tableaux "raphaélites" doivent éminemment susciter, préférant privilégier les basses considérations critiques (je dirais totalement contrariées par le criticism anglo-saxon ravageur car brandissant comme valeur unique d'anathème le relativisme culturel dont les nazis firent l'atroce usage que l'on sait). Ainsi, la nave va, et la culture occidentale, bien décriée, se fait peu à peu seppuku en ses fondamentaux mêmes au seul profit des nouveaux Sâr Péladan charlatanesques du futur enturbannés de noir, qui ont déjà inscrit à leur tableau de chasse les bouddhas de Bamian et les remarquables mausolées du Mali.
Ils se livrent ainsi, tous ces critiques infatués, à un travail de sape épouvantable bénéficiant à terme aux pures rémanences de l'indicible et de l'innommable obscurantiste et fanatique.
Le portrait ci-dessous est magnifique à pleurer : à lui seul, il justifie qu'on ne néglige pas l'exposition du Louvre ! Des cuistres osent le réduire à une simple recette picturale commerciale copiant les procédés éprouvés de La Joconde (même des écrivains de génie comme Zola ou Dumas usaient sans cesse de procédés d'écriture, de phrasé, de rythme - et je ne parle pas des auteurs actuels qui presque tous se ressemblent sans guère se singulariser tant la littérature s'est standardisée peu à peu ces dernières décennies, surtout après la mort de l'incontournable Albert Camus sans omettre les disparitions de Raymond Queneau, Georges Perec, Pierre-Jean Jouve etc...). Or je préfère cette Donna Velata au tableau de Da Vinci. Désolé pour les experts ayant science infuse, mais moi, je suis un amateur préférant l'émotion immédiate que les tableaux suscitent, et La Joconde m'a toujours laissé de marbre, bien que je l'aie vue pour la première fois lorsque j'avais douze ans.  Si vous aimez encore les arts anciens (de Néandertal à Jackson Pollock), je ne saurais trop vivement vous conseiller de vous rendre sur le site de La Tribune de l'Art ou sur celui des éditions Faton, qui traitent de toutes ces choses désormais négligées. 99 % du temps d'antenne télévisuel est occupé par l'art...contemporain.

Raphaël Sanzio : La Velata (vers 1516). Palazzo Pitti Florence

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samedi 27 octobre 2012

Une épistémologie épiphénoménologique de l'eschatologie du friedmano-hayekisme.


Nouvel extrait des Mémoires du Nouveau Cyber Saint-Simon. 
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Al alba de los tiempos era el Beneficio. Y el Beneficio era en Dios, y el Beneficio era Dios. Después el Beneficio se hizo carne en Adam Smith. (Dom Sepulveda de Guadalajara OH (Ordo Hayekorum) : sermons sur l'Apocalypse).
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Tout comme l'existentialisme est un humanisme, l'ultralibéralisme est un fondamentalisme (Aphorismes du Cyber Néo Jean-Paul Sartre).
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L'ultralibéralisme poussoit donc à la parcellisation forcenée, au divisionnisme individualiste infini afin qu'il pût dominer sans partage pour les siècles des siècles. Le clan dit des "friedmano-hayekiens", qui lors avoit pignon sur rue, avoit intérêt, pour perdurer, à la docilité irréfrénable des peuples, à leur abêtissement de bestes de somme, à leur déculturation, afin qu'ils ne pussent plus se révolter contre les vrayes cibles. Ils souhaitoient que l'on revînt à l'esclavage, où les quatre cinquièmes de l'Humanité seroient pièces d'ébène, après que le coust du travail eut été abaissé jusqu'à sa complète disparition, jusqu'à cet aboutissement logique de la compétitivité à tout prix, ainsi qu'il en étoit selon les fondamentaux de leur doctrine néo-physiocratique.
C'étoit cela, le diviser pour régner de Friedrich von Hayek, de ses diadoques et de ses épigones. Les  poussées de fièvre nationaliste, les sécessionnismes qu'ils entretenoient comme autant de guerres  picrocholines et intestines, tous ces conflits absurdes et indentitaires, les ravissoient et les agréoient  parce qu'ils savoient que la multitude de nouveaux micro Etats non viables économiquement, nés de leurs manigances, arrangeroit le libre jeu de la supériorité des transnationales qu'ils dirigeoient, qu'ils disoient avantages comparatifs, se gobergeant, comme en autant de plaisirs auliques ineffables, du pactole que leur rapportoient les dividendes et les jetons de présence dans les conseils d'administration où ils siégeoient en tant qu'actionnaires engraissés par la sueur de tous les peuples de tous les continents. Ils prônoient donc, pour satisfaire leurs propres envies, leurs propres vices (acquisitions de grands crus, de chasteaux, de haras, d'oeuvres d'art contemporain spéculatif, sans omettre la luxure de luxe, y compris éphébique, nymphéenne et anandryne) que l'on déplaçât ailleurs, toutes les industries après qu'on en eut laissé l'ensemble des employés sur le carreau, vers des contrées exotiques où main d'oeuvre et fabriques ne coutoient rien, car on ne s'y acquittoit de nul impost, de nulle taxe, taille, dîme, de nul vingtième ou capitation. Les cafreries de Cathay avoient leur préférence, mais ils falloit qu'ils allassent s'implanter dans des contrées toujours plus lointaines et bon marché lorsque des revendications sociales se faisoient jour parmi ces brassiers d'Asie innombrables qu'ils pensoient dociles à jamais.  C'étoit une fuite en avant sans fin, car ils ne se jugeoient jamais assez riches. Ils finissoient par ne même plus savoir de quelle fortune ils disposoient car celle-ci changeoit à chaque attoseconde. Ils étoient d'ailleurs experts en spéculation en bourse, en accaparement, surtout lors des périodes de soudure où ils s'en donnoient à coeur joie. Ils se refusoient à payer le moindre impost depuis long-temps. Ils n'étoient plus soumis à la moindre assiettée de taille, comme autrefois à la cour du Grand Roy.
C'étoit ainsi la généralisation de l'accaparement institué sous le nom de profit, son triomphe que des idéologues, tels que le furent messieurs Destutt de Tracy et Cabanis, insituoient en tant que nouvelle divinité sous le nom de Main invisible du Marché. Cet accaparement se faisoit au bénéfice d'une infime poignée, surtout depuis que les nouveaux physiocrates chicagolais étoient parvenus à faire reconnaistre cette fausse doctrine dans le monde entier : pour ce, ils avoient tous reçu un prix qu'on qualifioit de prix Nobel d'économie politique.
De fait, cette clique de bourdons parasites de la ruche-monde n'avoit jamais accepté ce qui s'étoit passé depuis 1789 avec Barnave et Mirabeau, 1841 avec Villermé et 1929 avec Keynes. On s'attendoit donc qu'à la parfin les masses qu'ils rabaissoient s'agitassent et se débarrassassent d'eux d'une manière sanglante et radicale telle l'infortunée princesse de Lamballe que d'aucuns prétendoient anandryne . 
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Leurs seuls adversaires crédibles et puissants, malgré les fort vaines vociférations d'autres opposants, qu'on qualifioit d'Indignés, étoient encore plus rétrogrades qu'eux : c'étoient des turbans noirs, partisans d'un retour à la source de l'Alcoran du septième siècle de notre ère.



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Afin de combattre efficacement un spectre ursin, sis en la Russie profonde et qu'ils disoient rouge car héritier des célèbres Egaux, ils avoient favorisé fort imprudemment (fascinés qu'ils étoient par l'Orient et ses fastes amollissants et aveulissants) l'essor de ces mêmes turbans noirs, ne se rendant point compte qu'ils réchauffoient des vipères en leur sein...

mercredi 17 octobre 2012

Supplément au "Cousin de Fragonard".

Ce billet complète mon article sur "Le Cousin de Fragonard " de Patrick Roegiers, roman baroque et jubilatoire dont la richesse ne cesse de surprendre et sur lequel on trouve toujours du nouveau à dire.



Le Cousin de Fragonard est le reflet d’une époque éminemment scientifique où l’Homme et la Nature sont devenus des objets centraux d’étude. C’est, depuis la Renaissance, outre l’anatomie, le fonctionnement des organismes, la physiologie, qui sont au centre des préoccupations. L’école médicale française prend son essor, ce qui aboutira aux travaux de Bichat et de Dupuytren.
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 Au fonctionnement orthodoxe des corps, à la classification de la normalité, va se substituer l’intérêt pour la déviance, l’altérité, les monstres, avec le développement de l’étude des malformations, des pathologies, aboutissant à la codification de la tératologie et à la classification des monstruosités par Geoffroy Saint-Hilaire.

On retrouve tout cela dans l’œuvre d’une Gabrielle Wittkop (1920-2002). Le XVIIIe siècle apparaît comme une époque de transition, avant le positivisme, avant l’anthropologie biologique qui allait faire des ravages et justifier le racisme et le colonialisme, avec d’une part l’exhibition des corps difformes dans les foires à monstres, à phénomènes, et d’autre part des indigènes dans les zoos humains (voir les travaux de Pascal Blanchard et Cannibale de Didier Daenynckx). Voyeurisme malsain, regard complaisant dirigé vers l’Autre. Saartjie Baartman, la Vénus hottentote, demeure le symbole de ce mélange cruel d’altérité raciale et physique. Elle fut disséquée par Cuvier…héritier des savants et des naturalistes du XVIIIe siècle.
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Le Siècle des Lumières est le fils de Descartes et de sa théorie de l’animal-machine. C’est l’ère des automates, des premiers androïdes de Vaucanson,
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 et les écorchés de Fragonard apparaissent eux-mêmes comme de magnifiques machines humaines dont le mécanisme est dévoilé, mis à nu, aussi parfait qu’une horlogerie interne, en des spécimens disséqués et naturalisés dans un but pédagogique et de connaissance de ce qui fait le fondement de l’Homme. L’évacuation de Dieu se dessine, car l’Homme n’est plus une création divine, mais un homme-machine, issu du cartésianisme, et La Mettrie pousse au bout la logique de cette révolution conceptuelle dont Honoré Fragonard et Jacques de Vaucanson sont les reflets, jusqu’au galvanisme et au mesmérisme, jusqu’à la postérité littéraire de Frankenstein ou le Prométhée moderne de Mary Shelley.  Xavier Mauméjean, dans un remarquable roman intitulé La Vénus anatomique, est parvenu à synthétiser La Mettrie, Vaucanson, Fragonard, Victor Frankenstein et L’Ève future de Villiers de l’Isle-Adam,
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 publié en 1886, où Prométhée s’est incarné en Thomas Edison. Dans ce texte singulier, paru aux éditions Mnémos en 2004, Julien Offray de La Mettrie,
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 qui, en 1746, a écrit La Vénus métaphysique dont Mauméjean s’inspire, est invité en 1752 par le roi de Prusse Frédéric II  à concevoir un type nouveau d’être humain. La Mettrie a pour rivaux Honoré Fragonard et Vaucanson. Il conçoit son androïde féminin, sorte de fiancée avant l’heure de la créature de Frankenstein. C’est le commencement de la vie artificielle, de l’Homme-Dieu, de l’Homme-démiurge, qui s’arroge le pouvoir de créer à la place de la divinité. L’Homme devient le centre de l’univers. L’Encyclopédie puis le Conservatoire des Arts et Métiers glorifient le génie humain, l’artisanat et la technique. La révolution industrielle commence. 

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Les trois automates Jaquet-Droz, conçus entre 1767 et 1774 : La Musicienne, Le Dessinateur, L'Ecrivain.

Le canard de Vaucanson lui-même, en possession de presque toutes les facultés physiologiques d’un vrai palmipède, y compris la défécation, est devenu un personnage de roman dans le touffu et délirant Mason et Dixon de Thomas Pynchon.    

La Joueuse de tympanon de Marie-Antoinette conçue par Peter Kintzing, horloger et par David Roentgen, ébéniste de la reine, présentée en 1784 au château de Versailles. Actuellement conservée au Musée des Arts et Métiers de Paris.
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