vendredi 11 août 2017

L'Histoire antérieure à France Télévisions : Stéphane Bern seul ?

Ut queant laxis
resonare fibris
Mira gestorum
famuli tuorum,
Solve polluti
labii reatum,
Sancte Iohannes.
(Paul Diacre, historien lombard contemporain de Charlemagne : Hymne de saint Jean Baptiste).

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Je reviens sur un sujet abordé l'an passé, lors de la disparition d'Alain Decaux
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 : il s'agissait alors de fustiger ce que je nommais la haine du costume antérieur (sous-entendu au XXe siècle) dans les fictions tournées depuis environ cinq ans par France Télévisions. L'initiateur de ce rejet, pour ne pas écrire de cette suppression de toute fiction télévisée française se déroulant antérieurement au XXe siècle, Monsieur Rémy Pflimlin, n'est plus de ce monde.  Il nous a quittés le 3 décembre 2016, mais ses épigones exercent encore leurs méfaits sur le service public. Désormais, les non-fictions historiques sont dans le collimateur (comme Truman Capote avait parlé de non-fiction novels). Il est révélateur qu'un des derniers actes de feu Monsieur Pflimlin fut l'éviction de Franck Ferrand,
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 qui animait depuis 2011 L'Ombre d'un doute. A l'heure actuelle, un procès d'intention non-dit est instruit contre l'ultime représentant de cette "Histoire antérieure" sur le service public, Monsieur Stéphane Bern, pour histrionisme, incompétence historique, orientation révisionniste pro récit national voire pour le fait qu'il soit un mâle de plus de cinquante ans, ce qui n'est point jeuniste... les mauvais esprits le mettent dans le même sac que des anti-historiens avérés, véritablement affiliés, quant à eux, à l'immonde fachosphère... De fait, Stéphane Bern me semble plus proche d'un Gonzague Saint-Bris,
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 récemment disparu dans de tragiques circonstances, écrivain que je n'ai pas lu, mais qui a reçu tous les éloges nécrologiques nécessaires, que d'un quelconque manieur et bateleur de l'immonde. 
Il est désormais le seul à officier, et, sans lui, il n'y aura plus personne. L'héritage d'Alain Decaux se sera alors définitivement tu. On peut reprocher à Monsieur Bern la forme de ses émissions de Secrets d'Histoire, magazine créé en 2007 sur France 2. Il mêle l'anecdotique et l'important, les reconstitutions costumées muettes sommaires et les extraits de fictions plus anciennes, la profondeur et la surface, le patrimoine et le kitch... 
Monsieur Bern ne restreint pas son discours à la seule France : il lui arrive d'aborder l'histoire européenne voire méditerranéenne lorsqu'il traite de l'Egypte ancienne, de l'Empire ottoman ou du Maroc du XVIIe siècle. Il sait donc faire preuve d'un certain esprit d'ouverture, contrairement à ce qu'assènent inlassablement ses détracteurs.
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 Ce qu'il fait n'est pas pire que le magazine Historia, revue de vulgarisation grand public éloignée des canons de l'Histoire universitaire.
Au fond, Stéphane Bern est un bon vulgarisateur s'adressant à un public ayant soif de culture, sans trop approfondir toutefois. ll sait remplir son contrat, sa mission, en bon professionnel. Quel que contestable que puisse être jugé le contenu de ses émissions, il ne sombre pas dans la propagande outrée. Sa décontraction, son enthousiasme, peuvent horripiler ses contempteurs, mais on ne lui demande pas de faire du pointu : après tout, il n'est ni Georges Duby (Le Temps des Cathédrales),
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 ni Fernand Braudel (Méditerranée).
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 Marc Ferro,
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 avec Histoire parallèle (1989-2001) sur Arte, aura peut-être été l'un des ultimes historiens universitaires à officier sur le petit écran. La vérité est que notre télévision décadente n'est plus capable de faire appel à ces universitaires réputés, connus et appréciés du monde entier, comme s'il n'y en avait plus... car l'école historique française, les sciences humaines françaises, qui eurent pignon sur rue dans les années 1960-1980, souffrent depuis quelques temps d'une relative désaffection internationale. Ce que monsieur Bern présente n'est que le reflet d'un état culturel préoccupant dont il n'est pas directement responsable. Pourquoi,  par exemple, aucune émission exigeante sur Baudelaire, mort il y a 150 ans, n'a été envisagée par Arte ? Baudelaire est à la portée d'Arte, à moins que la nouvelle thèse prédominant à son sujet, le désignant avant tout comme un anti moderne, joue en sa défaveur dans un milieu politiquement orienté à gauche, qui autrefois, l'adulait en compagnie d'autres écrivains et poètes maudits comme Lautréamont, Rimbaud et Verlaine, tandis que Leconte de Lisle et Sully Prudhomme, les parnassiens, étaient cantonnés à la droite. C'est le Baudelaire réac qui semble prévaloir en 2017, ce qui le bannit de facto des écrans... bobos chébrans iréniques. Si l'on suit les tendances actuelles, l'Histoire se fait plus que jamais polémique, idéologique, tranchée, divisée en deux camps irréconciliables qui ne se parlent pas. Le parcours d'un Max Gallo, lui aussi décédé depuis peu, passé de la gauche jacobine et marxiste au nationalisme conservateur, en témoigne.
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 Sait-on qu'a existé un récit national de gauche, voire marxiste ? Se souvient-on qu'entre 1976 et 1978, L'Histoire de France en bandes dessinées des éditions Larousse avait parmi ses scénaristes (mais aussi ses dessinateurs), des piliers de Vaillant et Pif, communistes, tels Roger Lecureux et Jean Ollivier ?
Contentons-nous donc de Stéphane Bern, qui assure somme toute honorablement un travail non dépourvu d'imperfections, dans l'attente du jour hypothétique où la télévision renouera enfin avec une vraie ambition historienne...

Prochainement : Jeanne et les deux Prokofiev.

mardi 11 juillet 2017

Dapper et d'autres : les musées parisiens meurent aussi.

C'était en 1991. Pour la première fois de ma vie, je me rendis au musée Dapper, afin de visiter l'exposition consacrée à l'art Byeri Fang. Cette visite avait deux objectifs : l'émerveillement esthétique et la pédagogie, entrant dans le cadre de mes recherches doctorales sur l'imagerie de l'Afrique noire, qu'on dit désormais plus volontiers sub-saharienne. 

En ce temps-là, l'entrée du musée Dapper se situait avenue Victor-Hugo, dans le XVIe arrondissement, en un hôtel particulier construit par Charles Plumet (1861-1928) en 1901.

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Le musée Dapper ne tarda pas à faire pleinement partie de mes référents culturels incontournables, au même titre que le musée de l'Homme, lui-même longtemps menacé de disparition pure et simple. Rénové en 2001, désormais accessible par la rue Paul-Valéry pour un espace d'exposition plus vaste, je continuai de m'y rendre lorsque je le pouvais. Dapper s'était ouvert à l'art moderne d'Afrique et des Caraïbes, tout en continuant d'assurer une présence des "arts premiers", malgré la concrétisation du projet du Quai Branly.  
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Hélas, toutes les bonnes choses ont une fin et j'appris, stupéfait, que le musée Dapper mettait la clef sous la porte à compter du dimanche 18 juin 2017 au soir ! 
Cette tragédie culturelle s'inscrit dans une longue suite de fermetures dangereuses et déplorables, touchant autant des musées privés, modestes ou pas, que publics : musée de l'assistance publique et des hôpitaux de Paris, musée Dupuytren, pinacothèque et bientôt, en septembre, musée de la poupée. 

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Les Cassandre auront beau jeu de rappeler les conséquences des attentats de 2015 et la baisse conséquente de fréquentation des lieux culturels, quelle que soit leur envergure. Ce n'est là qu'un prétexte : les baux ont tellement flambé que les fondations, associations et autres, lorsqu'elles ne sont pas strictement axées sur l'art contemporain surmédiatisé par une chaîne de télévision que je ne nommerai pas alors qu'elle néglige presque l'intégralité de l'offre muséale classique, sclérosée qu'elle est dans une vision remontant aux études sociologiques rageuses d'un Pierre Bourdieu d'il y a un demi-siècle sur les "héritiers" culturels bourgeois, ne peuvent plus survivre. Le musée Dapper ne bénéficiait d'aucune subvention publique et Arte, la bien mal nommée, qui autrefois soutenait les arts premiers et désormais les ignore, s'en est pas mal fichue de la fermeture symbolique et catastrophique de ce lieu civilisationnel emblématique de la croisée des cultures, n'a pas consacré une seule attoseconde au drame...
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Un musée lyonnais est en cours espérons-le de sauvetage : le musée des tissus et des arts décoratifs de Lyon. Là encore, mépris institutionnel généralisé oblige (mépris audiovisuel aussi), c'est par Internet que j'ai pu suivre l'intégralité du déroulement de l'affaire.
Rien ne m'étonne de la part des pouvoirs publics, défenseurs de la disneylandisation à outrance des lieux culturels, d'une vision uniquement festive de la capitale... Je les considère pour partie responsables des désaffections méprisantes dont souffrirent, par exemple, le musée de l'Homme (il manqua en mourir), le musée des ATP (il en mourut, puisque suspecté par eux de néo pétainisme, en négation des travaux de Robert Muchembled, Michel Vovelle, Régis Bertrand, Bernard Cousin et autres historiens des mentalités et cultures populaires antérieures à la déferlante de masse critiquée par Theodor Adorno). De même Cluny, Guimet, ou l'ancien conservatoire des arts et métiers, rebaptisé musée des arts et métiers dont plus personne ne parle en dehors de la presse papier ou en ligne. Comptez par exemple le nombre de reportages qu'Arte a consacré au Louvre cette dernière décennie : ils tiennent dans les doigts d'une main. Cette chaîne se fossilise dans une ligne éditoriale faussée, guidée par une vision réductrice et simplifiée des recherches de Bourdieu. Le musée "classique" y fait presque figure d'"homme à abattre".  Le silence vaut mépris, jamais je ne le répèterai assez. L'évolution d'Arte de ces dix dernières années me déçoit profondément, tant elle a cédé aux sirènes de la branchitude bobo. Sous prétexte de rajeunir son audience, elle n'a effectué qu'un glissement géographique et pseudo-sémantique de son public, du visiteur bourgeois traditionnel de 60 ans plus ou moins érudit de l'ouest parisien au bourgeois-bohème baby-boomer du sud-est ayant positivé mai-68. Le peuple est le perdant de l'affaire, le dindon de la farce.
Je suis un homme de musées et je le revendique ; je les pense irremplaçables, autant comme lieux de mémoire que d'enrichissement spirituel et même éthique.  Ils contribuent à la prise de conscience de la pluralité culturelle de la planète, mais aussi de sa fragilité (rôle contemporain des muséums d'histoire naturelle). Ils permettent des dépaysements sans pareils, dépourvus de la prise de risque de se déplacer dans des pays peu sûrs. 

Prochainement : l'Histoire antérieure à France Télévisions : Stéphane Bern seul ? 

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dimanche 2 juillet 2017

"Le Chemin du Diable" de Jean-Pierre Ohl : un roman oublié par la critique officielle.

C'était en l'an 2008. Conquis par l'excellente critique que Le Monde des Livres venait de consacrer au dernier roman de Jean-Pierre Ohl Les Maîtres de Glenmarkie, je m'empressai de l'acquérir auprès de mon libraire de proximité. 2008... Le Monde des Livres possédait encore à cette date des lambeaux de sa splendeur passée. Permettez-moi ainsi de paraphraser Jean Topart en Sir Williams dans le jouissif feuilleton mythique des années 1960 Rocambole, réalisé par Jean-Pierre Decourt. Sir Williams prononçait cette phrase à l'occasion de retrouvailles avec son ancienne âme damnée Monsieur de Beaupréau (interprétation tout aussi géniale et inoubliable de René Clermont). 
J'appris à l'occasion que Jean-Pierre Ohl exerçait le métier de libraire dans la région bordelaise (qui me vit naître). Les Maîtres de Glenmarkie, hommage au Maître de Ballantrea  de Robert-Louis Stevenson, suivait de quelques années Monsieur Dick ou le dixième livre, enthousiasmante quête autour de l'ultime roman inachevé de Dickens, Le Mystère d'Edwin Drood dont plusieurs dénouements ont été proposés au fil des années.
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Jean-Pierre Ohl, pensais-je, appartenait à ce groupe d'auteurs prestigieux et imaginatifs ayant l'honneur d'être publiés dans la collection blanche de Gallimard. Nous étions avant l'affaire Opéra anatomique  de Maja Brick (2012), ouvrage totalement occulté - à l'exception de la radio, événement symptomatique de l'accélération de la décadence et de l'exclusion systématique bourdieusienne touchant la culture "antérieure".
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Ainsi, en 2017, presque seul François Angelier, spécialiste de la littérature fantastique, remarqua et critiqua (élogieusement) le dernier opus à ce jour de Monsieur Ohl  Le Chemin du Diable dans son émission radio Les Emois, sur France Culture... L'Histoire bégaierait-elle ?
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Vous pourrez effectuer de longues et vaines recherches dans Le Figaro littéraire, Le Monde des Livres, Télérama, Lire et Le Magazine littéraire : ces cinq représentants "incontournables" et "institués" de la critique littéraire française ont, semble-t-il, boudé le formidable roman historico-gothique et policier de Jean-Pierre Ohl. Lorsque j'achetai ledit livre en avril dernier, à la FNAC de Marseille où j'étais en villégiature, quelque chose m'alarma d'emblée : le bouquin ne se trouvait nullement au rayon nouveautés mais déjà sur les étagères ! Y aurait-il eu sabotage délibéré du Chemin du Diable ?
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Par contre, Libération, qu'on n'attend pas toujours dans ce genre de registre culturel, a recelé une fois de plus, après des articles remarqués sur l'expo de Lens consacrée aux frères Le Nain, ou, plus anciennement, sur celle que le musée d'Orsay consacra en 2013 à la sculptrice légitimiste Félicie de Fauveau, une bonne surprise en publiant, disponible en ligne, un article de Jean-Didier Wagneur, daté du 21 avril dernier, consacré aux deux frères Ohl et au Chemin du Diable : Michel et Jen-Pierre Ohl, frères d'encre. Soit les autres organes de presse précités souffrent de cécité intellectuelle, soit leur silence vaut mépris implicite. Une fois de plus, il est scandaleux de constater qu'au moins un quart des romans pourtant édités dans la prestigieuse collection blanche de Gallimard passent sous l'éteignoir absurde de l'ignorance délibérée. Cette "flemme" culturelle est cependant facile à corriger, à amender : Libé nous le prouve bien et point n'est besoin d'être un organe de presse, de papier ou en ligne appartenant à la mouvance droitière ou facho pour s'intéresser à des objets littéraires ou artistiques singuliers se réclamant du passé antérieur et non du présentisme immédiat. Arte, qui proclame haut et fort dans un récent article du Monde paru en début de semaine dernière à propos de sa politique documentaire son refus de se référer à  tout récit national commet une lourde erreur : c'est abandonner ce même récit à la seule parole, au seul discours, au seul verbe, à la seule réécriture de l'extrême droite alors qu'un récit national de gauche a existé, révolutionnaire, jacobin, communard, ou tout simplement républicain avec Michelet et Dumas, sans omettre le CNR qui lutta contre la pétainisation de l'Histoire et, plus près de nous, des historiens prestigieux comme Henri Guillemin et Michel Vovelle, grand spécialiste de la Révolution française et des mentalités. Les niches écologiques laissées vacantes finissent toujours par être occupées, parfois par les nuisibles... C'est au contraire en se réappropriant ce même récit national au lieu de l'abandonner lâchement au péril brun, en en fournissant une relecture démocratique, républicaine, égalitaire, que l'on pourra gagner la bataille des idées. L'une des erreurs les plus graves commises par le précédent président de la République demeurera à mon sens la non panthéonisation de Diderot, personnage emblématique des Lumières. Or, l'on sait ce que la réaction (Burke, De Maistre, Bonald) pensait de la philosophie des Lumières et de la Révolution... Fermons cette parenthèse nécessaire et revenons au Chemin du Diable.
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Cet ouvrage détonnant, dont l'action se situe en 1824, met en scène, à côté de légions de personnages imaginaires et truculents, un Charles Dickens adolescent et George Stephenson, un des pères de la locomotive. Je vous invite à écouter sur le site de France Culture le document audio de quatre minutes de François Angelier, de l'émission Les Emois  du 11 avril 2017 :
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"Le Chemin du diable" ou l'Albion tragique et gothique de Jean-Pierre Ohl.

 En un roman dicksensien, Jean-Pierre Ohl dépeint subtilement, sur fond de sortilèges gothiques, le passage de l'Angleterre à l'ère industrielle. 

 Jean-Pierre Ohl marche à Dickens comme les rois mages à l'étoile, confiant et ébloui. Ayant déjà consacré au romancier anglais un fantaisie énigmatique et érudite (Monsieur Dick ou le dixième livre, La Table ronde), ainsi qu'une biographie dans la collection Folio, il pique des deux avec Le Chemin du diable et se lance sur l'obstacle comme un landlord traquant le renard. Avec ce nouveau roman foisonnant et inquiétant, évoquant également les sortilèges théâtraux du roman gothique et les visions millénaristes des sectes anglaises, il nous expose les profondes mutations sociales et technologiques qui sonnèrent l'heure sombre de la Révolution industrielle anglaise : travail des enfants, labeur épuisant de la mine, enrichissement de la bourgeoisie d'affaires. A la fois roman historique et hommage littéraire, une grande réussite. (éditions Gallimard)


Tel est le résumé critique de François Angelier que France Culture met à notre disposition. Il a adoré ce bouquin nous changeant du nombril ordinaire de nos Paul(e) Bourge(tte) actuel(le)s. L'autre scandale autour de Jean-Pierre Ohl consiste en la non parution chez Folio de ses romans Gallimard sous format de poche, au point que notre écrivain virtuose et séduisant a dû recycler dans la collection "la petite vermillon" de la Table Ronde son fameux Monsieur Dick ou le dixième Livre. Mais il me semble bien avoir évoqué ce problème dans un billet passé... Bref, je vous encourage toutes et tous, lectrices et lecteurs, à goûter à la prose détonante et enrichissante de Jean-Pierre Ohl. Nul ne le regrettera !

Prochainement
: Dapper et d'autres : les musées parisiens meurent aussi.

 
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jeudi 22 juin 2017

L'agonie silencieuse des cirques à l'ancienne.

Hic, haec, hoc (celui-ci, celle-là, ça : Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord, au sujet des trois consuls Bonaparte, Cambacérès et Lebrun).

Les chats ne mangent pas les cigales (proverbe provençal inventé). 

Les sots recueillent plus d'avantages de leur faiblesse que les gens d'esprit n'en obtiennent de leur force  (Honoré de Balzac : Ursule Mirouët).

Le Cirque Spirou, de Dubar et Crill ; Le Cirque Bodoni, cinquième volume des aventures de Benoît Brisefer, par Peyo et Walthéry ; Sibylline et le petit Cirque, volume 4 des aventures de Sibylline par Macherot... sans omettre le cirque Pimoulu dans la série Colargol et le cirque Zabaglione dans Les Voleurs du Marsupilami de Franquin.
Telles furent en mon enfance, et plus tard, les références - outre La Piste aux Etoiles à la télévision - qui selon moi, illustraient la quintessence du cirque classique. Lectrices et lecteurs, je vous confesse n'avoir mis les pieds qu'une seule fois de ma vie dans un cirque : c'était lorsque j'avais sept ans. Mais le sujet me tient à coeur, alors, j'ose l'aborder, sans nulle réticence ou hésitation.
J'appris  par Le Monde, le 31 mai dernier, la décision du Cirque Plume de faire ses adieux. Plume, c'était la tradition modernisée, revivifiée, la synthèse parfaite entre l'ancien et le moderne. Bernard Kudlak, dans l'interview que Le Monde a publié, explique la raison pour laquelle il a décidé de mettre fin à l'aventure du Cirque Plume après trente-trois années d'existence.
la tournée d'adieu va s'étaler sur quatre ans. Pour Bernard Kudlak, 66 ans (70 en 2020), place aux jeunes. Le Cirque Plume aura des héritiers, qu'on se rassure. La réussite a été incontestable : Kudlak et toute son équipe ont transcendé un art populaire qui survivra. Les arts de la piste, la tradition, n'ont pas été trahis.

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 Le Cirque Plume a gagné son pari artistique, mais, à côté de lui, de son nom, qui survivra dans la mémoire collective contemporaine, existent ces légions de petits cirques traditionnels, qui vivotent et qui meurent dans l'indifférence des médias qui ne les jugent plus à la page, cirques avant tout modestes, familiaux, tiraillés entre des édiles qui les repoussent aux marges territoriales de leur cité, de leur commune, et défenseurs de la cause animale, qui luttent pour l'interdiction radicale et définitive de tout spectacle (itinérant, de la balle ou pas), mettant en scène des numéros à animaux, parfois maltraités indignement,d'autres fois non. Les chevaux de la saga Gruss sont-ils maltraités ? Selon moi, les animaux à interdire sur piste sont avant tout d'origine sauvage, et les espèces domestiques incarnent un problème différent.
A l'origine du cirque, il y eut Franconi, les écuyères... au début du XIXe siècle.
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Car le cirque "classique" est un spectacle traditionnel populaire d'origine somme toute récente lorsqu'on raisonne à l'échelle des temps longs historiques... Sa mort annoncée l'aura  fait durer moins que les gladiateurs antiques...
Afin de nous expliquer, adoptons une perspective historique qui nécessite le retour aux origines du cirque classique : origines britanniques, londonienne, avec Philip Astley, le 7 avril 1768.
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 Nous passerons ensuite à Franconi, puis à  Phineas Taylor Barnum. Ma position en faveur de la conservation des cirques équestres s'explique aisément : le cheval est au centre de la naissance du cirque, pas le lion, ou l'éléphant. La dynastie Gruss a raison sur ce point en intitulant son spectacle "Cirque Gruss à l'Ancienne". Posons-nous la question : le cirque qu'est-ce que c'est ? Au départ, il s'agit d'une arène. Pour Philip Astley, il ne s'agissait pas de ressusciter les arènes romaines, le Colisée (le cirque Maxime, qui n'avait pas la forme arrondie, servait aux courses de chevaux) et leurs divertissements cruels, mais de proposer un spectacle nouveau, plus conforme à la civilisation européenne plus "policée" de l'an 1768. Et le cirque anglais s'exporta promptement sur le continent, en France dès 1774, avant de conquérir le monde. Le bouffon, quant à lui, préexistait au cirque : au XVIIIe siècle, il devint le clown, ce garçon de ferme, ce serviteur benêt, incapable de monter à cheval, servant de faire-valoir aux représentations équestres d'Astley...
A Astley (1742-1814) et ses numéros équestres éblouissants et périlleux succéda, à la génération suivante,  l'Italien Antonio Franconi (1737-1836), paradoxalement plus âgé, et mort quasi centenaire : Franconi est le véritable initiateur du cirque français, bien qu'Astley, mort à Paris, ait trouvé sa dernière demeure au Père-Lachaise... Ecuyer prodigieux, ancien bateleur et médecin ambulant, il s'associa à Astley en 1783, à l'Amphithéâtre anglais, créant, dix ans plus tard, en 1793, le Cirque-Olympique (qui prit ce nom en 1807, après un premier déménagement). Il fut à l'origine de toute une dynastie de Franconi, d'enfants de la balle, comme il y eut plus tard les Fratellini. Outre l'attraction des chevaux, ce fut la vogue des funambules et des danseuses de corde : Mlle Malaga et Mme Saqui qui firent la grandeur des cirques du XIXe siècle. Antonio Franconi repose aussi au Père-Lachaise...
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Le Cirque-Olympique demeurait un lieu de spectacles hybrides, puisque la pantomime et le mélodrame y eurent leur place.
De fait, ce sont les Américains, avec Phineas Taylor Barnum (1810-1891), qui métamorphosèrent le cirque en une industrie du spectacle colossale et fructueuse, très lucrative, en multipliant les pistes, en instaurant la démesure malsaine des freak shows, en instaurant le règne des phénomènes de foire, les immenses ménageries et les animaux rares : la dérive du cirque classique date de là, avec l'obligation de la présence d'animaux sauvages dressés, éléphants et fauves... Les Britanniques contribuèrent également au développement des cirques avec ménagerie avec les Pinder, à compter du milieu du XIXe siècle. Pinder se francisa aussi.
Quant aux clowns, leur rôle grandit, au-delà de la notoriété de Joseph Grimaldi (1778-1837), auquel Charles Dickens consacra un livre redécouvert en France ces dernières années.
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Il y eut le partage des rôles entre le clown blanc et l'auguste, la formation de tandems célèbres comme Footit et Chocolat.
Le cirque classique atteint son apogée en France sous la IIIe République, avec pour corollaire le début de la démocratisation des loisirs. Il incarne alors un des spectacles populaires par excellence tandis que cinéma et bande dessinée le glorifient ou le prennent pour cadre de la terreur et de l'étrange avec Tod Browning.
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Les noms de Pinder, Bouglione, Medrano, Amar, Knie et d'autres encore résonnent dans les mémoires. Mais, à compter des années 1960-70, ce cirque dit "académique" commence à s'essouffler, à entrer en crise, sous l'assaut de la concurrence d'autres divertissements comme le cinéma, la radio et la télévision. Le Cirque Bodoni de Peyo et Walthéry, paru dans Spirou en 1970, est emblématique de cette crise : on y voit un petit cirque familial vivoter, et ne s'en sortir qu'avec la promotion d'une attraction rare, spectaculaire, Benoît Brisefer, en quelque sorte héritier des phénomènes de foire, hercules, freaks et autres. Benoît est convoité et racheté par un "gros" du cirque urbain en dur.  Il en allait déjà de même chez Franquin, au début des années 1950 dans Les Voleurs du Marsupilami : non seulement Spirou et Fantasio s'engagent au cirque Zabaglione pour récupérer le Marsupilami, mais ils utilisent la couverture fictive d'un numéro proprement extraordinaire et magique, celui des frères Cam et Léon, aidés toutefois par une invention du comte de Champignac. Et Spip l'écureuil paie lui-même de sa personne, gesticulant revêtu d'une espèce de cagoule ou froc noir, annonçant l'esprit maléfique de l'épisode d'Au-delà du Réel Planète miniature.
Agissant en pionnier, Franquin critique le recours aux animaux rares dans les ménageries et les numéros qui connaissent une surenchère... Il en ira de même dans la série de marionnettes d'Albert Barillé Les Aventures de l'Ours Colargol où l'ourson chantant en fa en sol est enlevé et esclavagisé au profit du cirque Pimoulu. Tout cela reflète une prise de conscience de la maltraitance des animaux des ménageries, au moment où le zoo traditionnel lui-même bat de l'aile. Le nouveau cirque naît alors en réaction, se développe avec le Cirque du Soleil, le Cirque Plume, Archaos, Zingaro etc. Ce cirque contemporain, proche de la performance, des spectacles hybrides théâtraux, a la faveur de la critique, des médias et du public, tandis que le cirque ancien, parfois condamné en justice, vivote, fait faillite, ferme ses portes après avoir été contraint de supprimer les spectacles à animaux : ce fut le cas de Barnum au printemps dernier.
Je voudrais à présent saluer la mémoire de Jean Richard (1921-2001).
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 Lorsque Jean Richard racheta Pinder en 1972, il était déjà en difficulté. Or, on l'oublie souvent, ce comédien estimable, célèbre Maigret pour la télévision, contribua à faire reconnaître le cirque "classique" comme un Art à part entière... tout comme Annie Fratellini,
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 sa contemporaine. Il s'y était intéressé dès la fin des années 1950 en s'associant avec la famille Gruss.

 Il avait été victime d'un grave accident de voiture en 1973, alors que l'incendie catastrophique d'un cirque l'avait bouleversé. Jean Richard aimait les animaux, et les chevaux. C'était un authentique cavalier, un passionné. Il fut administrateur de la SPA : on ne peut l'accuser de maltraitance, de cruauté, envers les animaux des ménageries qu'il gérait.
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Les petits cirques familiaux, nomades, itinérants, gagnant petit à la Bodoni existent toujours au XXIe siècle en leur précarité les vouant à l'extinction et au mépris. Ils deviennent emblématiques d'une certaine France d'en bas, forcément réac, conservatrice, espèce de survivance fossile résiduelle d'un ATP (art traditionnel populaire) réduit ad Petainum. Ils sont montrés du doigt pour leurs animaux encagés ou non (lamas et autres camélidés désormais plus fréquents que les lions ou tigres trop chers). Ils souffrent d'un déficit aigu d'image, sont déclassés tout comme les anciens "gros" Bouglione, Amar, Pinder et autres qui n'ont plus les faveurs des nouveaux honnêtes gens. Souventes fois, les édiles leur barrent  l'accès communal comme je l'ai dit plus haut. Rejetés à la périphérie, tels les campements Roms ou les cimetières, ils sont stigmatisés ; ils puent à cause des effluves que leurs rares fauves exhalent de leurs cages roulantes sans omettre le crottin des chevaux et poneys. Ils sont cuits et le savent ; sans doute constituent-ils aussi des réservoirs (modestes) de voix pour le parti que l'on sait... Ils sont ringards, franchouillard et pour beaufs... Telles sont les images sous-jacentes véhiculées sur ces petits cirques, ces clichés et a-priori dont ils souffrent. Il faut avoir la vocation pour accepter la vie foraine, de gens du voyage, des artistes de ces cirques-là ! Ces cirques sont nos actuels barons de Sigognac, enrôlés parmi une troupe de saltimbanques errante et miséreuse, traînant ses oripeaux théâtreux de contrée en contrée, à la manière de l'Illustre Théâtre de Molière au milieu du XVIIe siècle. Peine perdue pour eux : la télévision ne les filme plus.
On parle parfois de leurs déboires, au détour de quelque article régional ou local en ligne. De faveur nationale,  ils n'en bénéficient point, n'étant plus désormais reconnus comme  un art officiel, bien qu'ils fassent partie de la mémoire populaire collective. Contrairement aux idées reçues, les bourdieusants n'ont pas détruit que l'ancienne culture bourgeoise : la culture populaire antérieure est elle aussi en train de passer à la trappe sans que nul n'y prenne garde. Le cirque du XXIe siècle, c'est désormais l'Autre, le contemporain, puisque dans leur cas, caméras et photographes s'y rendent. Ils peuvent agoniser en silence, dans leur coin, nul ne s'en souciera.
Ils furent le peuple d'hier, pour le peuple d'hier, par le peuple d'hier.  On les stigmatise, on les raille, on les moque.
Récapitulons une ultime fois les préjugés et présupposés, la phraséologie courant sur les cirques traditionnels si chers à la "France périphérique" de Christophe Guilluy. Il est significatif que feu le musée des ATP, lui aussi victime de la reductio ad Petainum, possédait des  collections de costumes de clowns anciens, ainsi qu'une spectaculaire maquette du cirque Pinder, choses que je pus admirer en 2001. Ces collections, il est aisé de le comprendre, ont perdu toute chance d'exposition en l'actuel MUCEM, fort Saint-Jean ou pas : ils ne font plus partie du projet culturel du MUCEM, et même la maquette de chapiteau et de ménagerie du Temps des Loisirs a, je crois, cessé d'être montrée l'an passé au public, démontée quelque part en des réserves du côté de la Belle-de-Mai.
Immobilisme, sclérose, ankylose, académisme, tradition figée, manque d'ambition, numéros répétitifs sans imagination créative, ronron, routine... pour ne pas écrire franchement nécrose. Que de termes pour qualifier négativement les petits cirques itinérants à l'ancienne vivotant cahin-caha, de bourgade en bourgade, et gagnant peu de sous à l'ère du numérique nomade omnipotent !
Heureusement nous reste la dynastie Gruss, à Piolenc (Vaucluse) qui perpétue la haute tradition du cirque équestre originel d'Astley et Franconi !
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Prochainement : Le Chemin du Diable de Jean-Pierre Ohl : un roman "oublié" par la critique officielle.

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